Cinema

[Arras Film Festival 2017] « Centaure » : assez belle promenade kirghiz

[Arras Film Festival 2017] « Centaure » : assez belle promenade kirghiz

07 novembre 2017 | PAR Geoffrey Nabavian

Au sein de la section Cinémas du monde de l’Arras Film Festival 2017, on a pu se plonger dans ce drame solaire, dépaysant, profond, un peu modeste dans sa forme, mais très bien joué. A voir en salles en France le 31 janvier 2018… L’Arras Film Festival 2017, lui, se poursuit jusqu’au 12 novembre.

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De retour en cette année 2017, pour sa 18e édition, l’Arras Film Festival offre à découvrir, jusqu’au 12 novembre, 72 avant-premières, 280 projections au total, et surtout 9 films européens présentés au sein de sa section Compétition. Avec un Grand prix désormais plus connu sous le nom d’Atlas d’or, qui sera décerné par un jury présidé cette année par Christian Carion. Une Compétition dévoilée en fin de festival, lors de séances accessibles à tous… Qui a choisi de couronner, au cours des éditions précédentes, les films Sur la ligne (titré au départ Fair play), L’Histoire du géant timide, ou Glory. Des œuvres respectivement tchèque, islandaise, et bulgare…

On a choisi, cette année, pour démarrer notre visite, de découvrir, au sein de la section Cinémas du monde, le nouveau film du réalisateur kirghiz le plus connu en France, Aktan Arym Kubat. Pour le cinéphile fou d’avant-garde et d’univers originaux en plein dans ses 27 ans, son nom évoque les films Le Fils adoptif (1999), ou Le Singe (2002), œuvres qui furent très remarquées, et que notre cinéaste signa sous le nom d’Aktan Abdykalykov… Centaure, donc, ou l’histoire d’un homme qui aime dérober à leurs propriétaires des chevaux de prix, pour galoper ensuite avec eux dans la nuit comme un possédé, avant de les laisser vagabonder jusqu’à ce qu’on les retrouve.

Assez symbolique, sur le fond, le scénario déroulé entend parler en fait de traditions, et de l’âme d’un peuple, que le héros entend traquer, faire émerger à nouveau… Chance : les interprètes sont tous extrêmement justes. Car même si plusieurs d’entre eux endossent des figures aux fonctions très précises, très définies, destinées à servir le propos, tous donnent à voir une belle humanité. En particulier Karabaï, le « cousin » du héros, qui apparaît un peu égaré, dans la société kirghiz d’aujourd’hui, où il se trouve pris entre argent, religion, ordre à faire respecter et concurrence avec ses voisins. Même s’il sait garder aussi sa capacité d’écoute… Son interprète, Bolot Tentimyshov, apparaît à ce titre comme très attachant. Et inutile de préciser que Centaure donne à voir, de manière intelligente, une part du Kirghizistan à l’heure actuelle, toujours prise entre traditions et évolutions. Où certains tentent de voir l’âme des chevaux, tandis que d’autres les négocient, tout en restant très fiers d’eux…

Le ton du film, solaire, mais teinté de gravité, permet d’approcher de façon simple et agréable le monde qui nous est décrit. On pourra trouver que la mise en scène, un peu plate, empêche quelque peu le film d’atteindre l’ampleur d’autres œuvres qui empoignèrent les mêmes thématiques de fond. Telles Le Soleil, d’A. Sokourov, ou Mountains may depart, de Jia Zhang-ke. Mais le mystère du protagoniste principal, et de son interprète, qui n’est autre que le réalisateur lui-même, parvient à s’imprimer en nos esprits…

Centaure sortira dans les salles en France le 31 janvier 2018.

Il fait l’objet à nouveau d’une projection à l’Arras Film Festival, le mercredi 8 novembre à 9h30.

Visuels : © Epicentre Films / Neue Visionen Filmverleih

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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