A l'affiche
Les Beaux jours de Marion Vernoux, une comédie pétillante sur la séduction après 60 ans

Les Beaux jours de Marion Vernoux, une comédie pétillante sur la séduction après 60 ans

24 juin 2013 | PAR Yaël Hirsch

 

Adapté du roman à succès de Fanny Chesnel, « Une jeune fille aux cheveux blancs » (Albin Michel) et auréolant une Fanny Ardant de lumière co(s)mique, « Les beaux jours » est une comédie parfaitement réussie, qui aborde avec légèreté et brio la question de la séduction après 60 ans. Une bonbon de film bien fait dont on aurait tort de se priver.

Ayant mis fin plus tôt que prévu à sa carrière de dentiste, six mois après avoir perdu sa meilleure amie, la très jolie grand-mère, (Fanny Ardant, éblouissante sous une choucroute blonde très Bardot), s’ennuie sec malgré la mer dans sa très jolie ville bourgeoise du Havre, tandis que son mari (toujours juste) continue de travailler de très longues heures. Ses filles lui offrent donc un « passeport découverte » aux « Beaux jours » une sorte de maison qui propose des activités aux retraités. Trop classe et trop réservée pour le lieu, s’adapte vite ? Peut-être un peu trop quand elle soigne son jeune professeur d’informatique (Laurent Lafitte), qui a l’âge de ses filles et que celui-ci lui fait du rentre-dedans.

Après Isabella Rossellini dans 3X20 ans, c’est au tour de la formidable Fanny Ardant de nous persuader qu’une femme peut être une jeune-fille magnifique à tout âge. En face, en mode « 15 ans de plus », prend avec intelligence le relais de Pierre Niney dans le rôle de jeune amant. Un rôle que Marion Verrnoux a su rendre suffisamment passionnant pour nous sortir des gigolos et des cougars. Parsemé de plans magnifiques d’un Havre de plus en plus cinématographique, bordé de dialogues absolument irrésistible, et porté par un casting impeccable en tout points, « Les beaux jours » est à l’image subtile de son titre beckettien : beaucoup moins léger qu’il n’y paraît. Avec en BO une superbe reprise du « Vent Nous Portera » de Noir Désir, on jubile de voir Fanny Ardant se sortir par le haut et par la mer de ses rôles de femme fatale figée ou de femme d’à côté dramatiques. En gros plan, le sourire jusqu’aux oreilles et dans la vie jusqu’au cou, elle est absolument solaire. Une comédie dont on sort avec un sourire jusqu’aux oreilles, effet bonne humeur garantie pendant plusieurs heures !

« Les beaux jours » de Marion Vernoux, avec Fanny Ardant, Laurent Lafitte , Patrick Chesnay, Jean-François Stévenin, France, 2012, 1h34, le pacte. Sortie le 19 juin 2013.

Brussels film festival, Jour 5 : sous le signe de la faim, de l’Europe et de la Grèce
Esh et Eli T2 : le voile se lève
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture