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« Le sens de la fête » :  Ingrédients de talents pour banquet d’humour

« Le sens de la fête » : Ingrédients de talents pour banquet d’humour

04 octobre 2017 | PAR Sylvain Lefèvre

Après « Intouchables » et « Samba », Eric Toledano et Olivier Nakache présentaient « Le Sens de la fête » lors du dernier Festival d’Angoulême cet été. Depuis le buzz n’a cessé et Jean-Pierre Bacri est de tous les médias. Ont-ils relevé le pari de faire au moins aussi bien ?

[rating=5]

10 ans déjà. 10 ans que le duo Toledano et Nakache régale le cinéma français de petites pépites. Certes, en 2004, il y eût bien « Je préfère qu’on reste amis » avec déjà Jean-Paul Rouve. Mais ce n’était qu’un galop d’essai, juste histoire de nous montrer la partie émergée de l’iceberg de leur talent. La maelstrom commencera véritablement à déferler en 2006 avec « Nos jours heureux » puis vinrent « Tellement proches », « Intouchables » et enfin « Samba ». Tous les 3 ans ou presque, les deux compères trustent, avec raison, les plateaux télé et le box-office s’envole. « Le sens de la fête » sera-t-il placé sous cette même bonne étoile ? Difficile d’y échapper tant le buzz sévit depuis quelques semaines autour de la sortie du film. A tort ou à raison ?

Inénarrable Max

Écueil récurrent de la comédie à la française, son inclination à l’essoufflement à la moitié du film n’est plus un secret. Que de bonnes comédies dont au bout de 40 minutes on se lasse. Sans parler de celles dont les trois bons gags constituent la bande annonce et laissent les spectateurs sur leur faim. Ce mal français semble pourtant épargner nos deux amis. Une fois encore, et avec quel talent, ils parviennent à contourner l’obstacle et tenir en haleine leur public avec leur « sens de la fête ».

Certes le casting a évolué. Si on retrouve Jean-Paul Rouve, ici point de Omar Sy. Mais le public n’y perd pas au change puisque c’est Jean-Pierre Bacri qui s’y colle. Dans le rôle de Max, traiteur de mariage en mode bougon du soir au matin et comique malgré lui, il emporte tout sur son passage. Qu’on en soit fan ou non, difficile de lui résister tant les répliques font mouche. Servie par des dialogues ciselés, la pantomime de Bacri vire au truculent. Véritable chef d’un orchestre d’anodins branquignoles chargés de le seconder un mariage guindé, il confine au superbe.

Ô Jean-Pierre, que votre brigade est belle

A l’inverse de leurs petits camarades du registre, T&N ont depuis longtemps compris que la clef du succès réside dans la subtilité du dosage. La comédie ne peut se contenter d’être la transposition à l’écran d’une suite de sketchs et autres gags dont on se lasse bien vite. Au coeur de leurs seconds rôles ils ont su placer la dose de sentiments et de tendresse qui va lier la sauce, et subliment le plat. Gilles Lellouche, Jean-Paul Rouve, Eye Haidara ou encore Benjamin Lavernhe seront ces condiments indispensables. En DJ beauf et docteur es banquets de mariage version farandole, Gilles Lellouche maîtrise la boule à facettes comme personne. Mais qu’on ne s’y trompe pas, dans son bombers pailleté se cache un coeur. Eye Haidara le découvrira bien assez tôt mais sa grande gueule nous aura conquis bien avant cela. A leurs côtés Jean-Paul Rouve, photographe réac, pique-assiette patenté, à qui il ne reste que les potes pour avoir un peu de travail et Benjamin Lavernhe dans le rôle du futur marié pète-sec excellents eux aussi.

Une fois encore et il faut s’en réjouir, T&N relèvent ce nouveau pari. Librement inspiré de leurs petits boulots de jeunesse, « Le sens de la fête » est une vraie réussite. Humour et sentiments s’accordent avec finesse, Jean-Pierre Bacri y est sublime et la pléiade d’acteurs qui l’accompagne ne dépare pas.

Sylvain Lefevre

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Sylvain Lefèvre

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