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« Mon garçon » sauvé par une technique inédite [Critique]

« Mon garçon » sauvé par une technique inédite [Critique]

20 septembre 2017 | PAR Sylvain Lefèvre

[rating=2]

Les techniques cinématographies ne seraient pas déjà toutes inscrites dans le marbre ? Guillaume Canet, acteur, sous la houlette de Christian Carion, réalisateur, en repousse encore les limites en expérimentant un cinéma d’improvisation avec acteur sans scénario. Un exercice de style assez inédit pour un résultat plutôt concluant.

On pensait le genre quasi-exclusivement réservé aux réalisateurs made in USA. Ce genre « actionner » où un quidam confronté à une catastrophe – Clint you welcome – ou à l’enlèvement de sa progéniture contre rançon – Ron Howard si tu nous lis – ou par tout autre organisation machiavélique – Liam Neeson si tu nous entends – se mue en héros. C’était aller un peu vite en besogne puisque les made in France Christian Carion et son acolyte d’acteur préféré Guillaume Canet ont décidé de venir pimenter les premiers frimas de l’automne avec « Mon garçon ».

Scénario bateau

On s’épargnera un scénario pour le moins convenu tant il est vrai que faire original dans le registre relève de la gageure. En quelques mots, Julien, alias Guillaume Canet, divorcé, géologue et grand voyageur retrouve Marie – Mélanie Laurent –, son ex-femme, lorsque leur fils disparaît d’un camp de vacances. Enlèvement ou fugue, très vite la piste du kidnapping semble avérée. On assiste alors à la métamorphose de Julien en enquêteur entêté plutôt branché Scenic de location, chaînes et fer à souder qu’artillerie lourde à l’américaine mais prêt à tout pour retrouver le jeune Mathys.

Guillaume Canet touché par l’hyperréalisme ?

Une fois passé le premier tiers un peu poussif du film traditionnellement consacré à la découverte de la psychologie des personnages et du contexte destinés à faire prendre la sauce du suspens, l’action démarre et le film prend forme. Certes au premier abord le fumet d’un « Taken » à la française – les pandores en plus – est très prenant. Mais à bien y regarder on se surprend à déceler dans le jeu de Guillaume Canet un réalisme de très bon aloi, indéniablement renforcé par la caméra à l’épaule et des paysages rendus menaçants par un remarquable travail photo.

Technique inédite : encourageant

Même si cet aspect ne parvient que partiellement à sauver un film qui manque un peu de dramaturgie et flirte parfois avec l’hésitation, c’est un procédé intéressant qui est mis en place. Christian Carion a tout simplement privé son acteur principal de scénario. Et force est de constater que cela fonctionne. Certes, comme le souligne les protagonistes, cela nécessite une vraie dose de confiance réciproque entre acteur et réalisateur mais ces deux-là n’en manquent pas et ils gagnent cette manche. Guillaume Canet s’est donc trouvé confronté à des scènes qu’ils découvraient au fur et à mesure qu’elles se déroulaient et ce sont bien souvent ses sentiments réels – peur et angoisse ou colère et violence – qui sont à l’écran. Porté par une improvisation de tous les instants, il écrit lui-même le film. Ici la technique fait mouche et mérite le détour. Elle souffre encore de quelques faiblesses et ouvre la porte des moments parfois un peu « vides » ou un peu longs mais instaure un nouveau genre qui permet de délivrer un divertissement correct.

Mon Garçon de Christian Carion, avec Guillaume Canet, Mélanie Laurent, Olivier De Benoist, France, 2017, Diaphana, 1h47 sortie le 20 septembre 2017.

Vu au FFA d’Angoulême / Critique « Mon garçon » sortie le 20/09/2017

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