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[Interview] Clémence Demesme et Marianne Pouységur : « il y a pour la première fois une vraie narration »

[Interview] Clémence Demesme et Marianne Pouységur : « il y a pour la première fois une vraie narration »

18 mars 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Nous avons rencontrés la vidéaste et désormais cinéaste Clémence Demesme en compagnie du premier rôle de La Chair et les Volcans, Marianne Pouységur, 15 ans, et un talent hors du commun. 

C’est la première fois que tu t’es prêtée au jeu d’actrice ?

Marianne : au début j’étais un peu stressée car je ne connaissais pas le mode de fonctionnement d’un film. On parlait beaucoup avec Clémence, elle m’a longuement parlée du personnage de Laura. J’ai compris où elle voulait aller.

Tu aimes le cinéma ?

Marianne : Mes parents m’aident beaucoup pour ma culture cinématographique. Grace à mon option audiovisuelle je participe au Prix Renoir. On a vu des films comme Timbuktu, ensuite on s’entraîne à faire de la critique.

Est ce que toi, tu lui as indiqué le côté esthétique de ton travail ? 

Clémence : Je n’ai pas le souvenir d’avoir eu à tendre une notice à ce propos, le style était évident. Ils connaissaient mes oeuvres en tant que vidéaste. Bien sur il y a une touche esthétique dans le film mais il y a pour la première fois une vraie narration. Il y a un décalage de genre, généralement je propose des objets plastiques.

C’est tout de même un travail où tu joues par touches. On ne sait pas ce qui est arrivé à Laura.

Clémence : Quand j’entends narration c’est qu’il y a ici un début, un milieu et une fin. Il y a une quête qui est suggérée. Au départ c’était un décor qui était planté, une ambiance. Quand j’imagine un film, j’imagine les personnages, l’ambiance, la couleur d’une scène, sa température, sa vraie température. Mais ce qui s’y passe cela vient après. Il y a d’abord ces trois temps : sentiment, univers, personnage.

Cela a beau être un court métrage, il se passe beaucoup de choses. Il y a, à travers la camera de Clemence, de la chaleur et à d’autres moment on a peur pour toi. Tu as un souffle au coeur, on ne sait pas pourquoi.  Elle t’a demandé de jouer des choses trés fragiles, je pense à une scène où tu es nue dans ta baignoire, ça a été compliqué pour toi ?

Marianne : C’était la seconde scène que je tournais. Je connaissais l’équipe, je n’ai pas ressenti de stress, j’étais très concentrée. Je n’étais plus Marianne, j’étais Laura.

Les élèves que l’on voit dans le film, ce sont des comédiens ?

Marianne  : Le prof de gym est un comédien, la scène a été tournée pendant un vrai court de sport, c’était donc vraiment ma classe. Pour la scène dans la classe de SVT ce sont des comédiens en revanche. Pour la seconde scène de sport, ce sont encore d’autres élèves (ceux qui étaient collés pour la petite histoire)

Tu as le premier rôle, est ce que cela a généré de la jalousie ?

Marianne : Au début je ne l’ai dit qu’a mes amis proches. Quand Clemence a souhaité tourner pendant le cours de gym, j’ai du raconter le film entrain de ce faire. Je n’ai pas ressenti de jalousie. Très vite, des élèves ont cherché à nous aider.

Clémence : je n’ai pas ressenti de jalousie, au contraire, j’ai eu du mal à trouver des figurants et ceux qui l’ont fait étaient là pour aider, il n’y avait pas cette volonté d’être filmé. C’était très sain comme démarche de leur part.

Qu’est ce que tu savais du synopsis ?

Marianne : Quand Clémence me raconte, je sais que cette fille a un souffle au cœur, que sa mère est morte. Elle vit avec son père. Elle a un univers, elle est mature et intelligente. Clémence m’a parlé de Gabriel, l’ami d’enfance de Laura. Il y a des choses qui sont venus après, comme la quête du cœur.

Clémence, comment tu as recruté ?

Clémence : Je faisais une résidence d’artiste en Auvergne. Le directeur de videoformes  Gabriel Soucheyre m’a proposé de candidater.  Il s’agissait de s’isoler dans un établissement scolaire en Auvergne. Ensuite, l’établissement choisissait un projet et c’est le le lycée de Brioude qui m’a choisie. J’ai sauté dans un train et je suis allée voir les lieux. Immédiatement j’ai eu envie de faire une fiction. Cela a duré 10 semaines, c’était très intense, je commençais à travailler à 8 heures avec la sonnerie des élèves. Quand j’ai du commencer à filmer, j’ai par hasard vu Marianne à la fenêtre qui faisait une copie de science physique et je me suis dit que c’était elle. Joëlle, la maman de Marianne était coordonnatrice du projet, je me suis très bien entendu avec elle. Ensuite on a travaillé sur les sensations physiques, elle a écouté son cœur,  on a fait un gros training sur la respiration.

Pour rester sur la question de la respiration, tu as vraiment réussi à traduire cela avec la caméra.  On a quelque chose où on comprend tout ce qui passe sans que ce soit récitatif. On sent que tu as vécu un drame qui fait de toi la fille à qui on a envie de parler tellement tu es différente.

Marianne : Je suis l’opposé du personnage, je n’ai pas essayé de me jouer. Dans le film je suis introvertie, je sourie rarement. Je suis sociable, j’ai des amis, je vais bien !

Projection :

Le 9 avril à 19H30 au Cinéma Utopia,place Maria Casarès, 84000 Avignon

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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