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[Critique] « Before Midnight », Julie Delpy et Ethan Hawke conversent sur l’amour et la vie pour notre plus grand bonheur

[Critique] « Before Midnight », Julie Delpy et Ethan Hawke conversent sur l’amour et la vie pour notre plus grand bonheur

26 août 2013 | PAR Gilles Herail

[rating=4]

Les films d’auteur peuvent eux se laisser tenter par les suites. Before… est ainsi devenu au fil du temps une franchise. Déjà trois films et l’on espère retrouver tous les 10 ans ces personnages que l’on aime et qui traversent les différentes étapes de la vie de couple. A voir.

afficheSynopsis: Une île grecque, une villa magnifique, en plein mois d’août. Céline, son mari Jesse et leurs deux filles passent leurs vacances chez des amis. On se promène, on partage des repas arrosés, on refait le monde. La veille du retour à Paris, surprise : les amis offrent au couple une nuit dans un hôtel de charme, sans les enfants. Les conditions sont idylliques mais les vieilles rancœurs remontent à la surface et la soirée en amoureux tourne vite au règlement de comptes. Céline et Jesse seront-ils encore ensemble le matin de leur départ ?

Céline et Jesse se sont d’abord rencontrés pour un coup de foudre éphémère. Ils se sont retrouvés lors du deuxième film. Et affrontent ici les questionnements sur la vie de couple. Before Midnight ne change pas la formule. C’est un film de dialogues. Magnifiquement écrits, qui sonnent toujours juste, savent alterner l’humour, la méchanceté, l’émotion, la colère. Sans pourtant jamais donner l’impression d’un théâtre filmé statique. Le film est toujours en mouvement, le long de promenades, de ballades, dans des décors idylliques. Pour coller au mieux aux personnages et dégager ce sentiment permanent de proximité, le film ose parfois l’ennui. Quand Céline tourne en rond dans ses grands discours sur le féminisme. Quand les deux s’engueulent, puis se réconcilient, puis se ré-engueulent.

On adore Before Midnight car le parti pris est poussé jusqu’au bout. Il n’y a pas de rebondissements, pas d' »évènements ». Le film nous propose un moment introspectif. Un couple qui a l’occasion pendant quelques heures de s’échapper des enfants et des obligations et qui doit affronter un moment à deux. Et parler un peu plus franchement. Un cinéma du réel, souvent drôle, qui ne pêche que par une certaine propension à trop appuyer quelques réflexions sur la vie et l’amour. Richard Linklater est bon pour filmer les dialogues, les conversations. Le film se perd un peu quand chaque personnage raconte son conte moral autour d’une table, ou assène un monologue sur sa vision du couple.

Before Midnight retrouve parfois l’atmosphère des films de Delpy réalisatrice, cette volonté de capter l’instant et le réel. Mais le film de Richard Linklater ne joue pas seulement sur les conflits et est toujours profondément romantique. Car l’alchimie des deux acteurs principaux est évidente et qu’ils partagent une histoire de cinéma avec le spectateur. On aimerait vraiment les retrouver à 80 ans, explorer la question des sentiments et de la sexualité dans un couple du troisième âge. Une grande bouffée d’air frais.

Gilles Herail

A voir aussi la semaine prochaine dans un style similaire: http://toutelaculture.com/cinema/your-sisters-sister-la-critique-comedie-dramatique-pleine-de-vie-et-de-ressenti/

Before Midnight, une comédie romantique américaine de Richard Linklater avec Julie Delpy et Ethan Hawke, sortie le 28 juin, durée 1h48

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Gilles Herail

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