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“Bi n’aie pas peur”, un premier film prometteur ( en salles le 14 mars )

“Bi n’aie pas peur”, un premier film prometteur ( en salles le 14 mars )

05 mars 2012 | PAR La Rédaction

Difficile de se faire une place de premier ordre au niveau international lorsque l’on est un réalisateur Vietnamien, tant l’aura de l’esthète Tr?n Anh Hùng (A la verticale de l’été, L’Odeur de la papaye verte, La Ballade de l’impossible) rayonne à travers le monde et semble être l’unique emblème du cinéma contemporain vietnamien ; c’est pourtant ce que réussit Phan Dang Di avec son premier film Bi n’aie pas peur, qui va de festival international en festival international.

Synopsis : Bi, jeune garçon de 6 ans, vit avec sa famille dans une maison proche d’une usine à glace. Après des années de silence, son grand-père paternel, gravement malade revient dans la maison familiale. Alors que le jeune garçon noue avec son grand-père une relation complice, le reste de la famille (son père, sa mère et sa tante) souffre en silence de leurs désirs contrariés.

A la question “De quoi Bi ne doit-il pas avoir peur ?”, le réalisateur Phan Dang Di répond “Il ne doit pas avoir peur de la vie” ; et c’est bien de cela dont il est question dans ce film : de la vie. Bi est perpétuellement confronté à un monde d’adultes, rarement il est en compagnie de jeunes enfants de son âge, face à un avenir incertain le réalisateur nous montre ce qu’il lui reste à découvrir : la mort et surtout le désir. Entre contemplation et voyeurisme la mise en scène de Phan Dang Di décrit un monde où être adulte c’est être confronté à des pulsions que l’on ne contrôle pas ; l’infidélité du père de Bi pour une jeune coiffeuse, sa mère qui ferme les yeux sur cette relation, sa tante qui éprouve une attirance subite pour un jeune lycéen… Voilà une multitude de passions qui n’auraient pas déplues au grand Junichiro Tanizaki.

Bi n’aie pas peur est également un film social, dans sa définition la plus large : il traite des sujets de société, les bons comme les mauvais. L’école (à laquelle Bi semble être dispensé), les non-dits entre son père et son grand-père, le poids des traditions, la maladie, la pauvreté… Le tout sous une chaleur accablante (en pleine période de mousson), traité en filigrane, sans céder ni au manichéisme, ni au pathétique.

Mais d’une certaine manière, le film ne semble pas aller au bout de son propos, il tisse une série d’intrigues propres à chaque personnage, sans les poursuivre véritablement jusqu’au bout. Ce qui lui donne un aspect en demi-teinte et l’on reste quelque peu sur sa faim.

Malgré tout, Phan Dang Di livre un premier long métrage invitant à suivre de près ses prochains films, sans chercher à répondre aux problèmes de la société vietnamienne, il pose avant tout des questions. Bi ne doit pas avoir peur de la vie, il doit s’y lancer et ne jamais refuser de voir le monde à travers ses yeux d’enfant.

Kylhian HILDEBERT

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