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Retour sur le salon Révélations : les artisans d’art français s’ouvrent au monde

Retour sur le salon Révélations : les artisans d’art français s’ouvrent au monde

24 septembre 2015 | PAR Sabina Rotbart

Corée, Chine, Chili, pays nordiques, Sénégal ou Tunisie, pour sa deuxième édition, la Biennale des métiers d’art Révélations a confronté la création française à celle de quinze autres pays. Des échanges plutôt joyeux… Une véritable ouverture sur le monde pour cet univers autrefois confiné.

Un plat Ming au couvercle drolatique, en forme de nourriture, une petite table design dont le socle est un immense gong qu’il est possible de faire chanter… Voilà ce qu’inventent les artisans d’art de France ou bien de Chine quand ils se mettent à faire vibrer ensemble leurs savoir-faire. Des objets détonants, délicieusement poétiques, ou simplement surprenants se découvraient sur ce salon. Difficile de ne pas être séduit par ces larmes d’or qui dévalent une cloison, interrogation esthétique sur une époque monétisée.

Au salon Révélations, des régions d’Europe et d’Asie se livraient à des joutes esthétiques. Le stand du LAB (Libreartbitre) par exemple présentait la confrontation d’artistes reconnus et d’artisans d’art bretons avec leurs homologues venus du Shandong, deux régions jumelés depuis trente ans. Le visiteur découvrait là des réalisations chinoises pleines d’humour qui n’avaient rien de commun avec les exercices de style convenus du stand chinois officiel.

A la différence de la première biennale, celle de 2013, Révélations 2015 (voir notre live-report) s’est ouvert au monde entier avec 17 pays représentés. Paris pousse donc des cocoricos plutôt mérités, et se réjouit d’avoir lancé le premier salon mondial d’artisanat d’art. Particulièrement intéressants, les espaces consacrés au Chili, avec de sublimes plats de bois massif et fin, d’incroyables boutons de manchette en crocs de bestiaux pour hommes en mal de conquête mais aussi de sublimes sculptures tressées en algue alimentaire, qui ressemble à de la résine noire. L’Asie exerçait aussi un attrait irrésistible avec, sur le stand coréen, une étonnante trousse de couverts d’argent (de Ryu yeun hee) le genre de style contemporain qui semble issu d’une fouille archéologique.

Il y avait d’incroyables répons. Le très transparent mur de verre bleu de l’artiste tunisienne Sadika Keskes, dialoguait avec celui du japonais Yuteki Tenmoku, une alliance transgressive terriblement émouvante entre la poterie traditionnelle Tenmoku et du verre bleu cobalt fondu. Des étonnements aussi. Les nordiques paraissaient enfin avoir dépassé la simple répétition de leur très beau design années soixante qui cpommençait à les enfermer. En témoigne les bottes de papier de Cecilia Lévy. Carrément baudelairiennes.

Du côté français une certaine gaieté transparaissait aussi. Moissonnier libérait les commodes tradi en y peignant des coquelicots géants, Taillardat inventait un fauteuil-niche à chien (Théodore) recouvert de toile de Jouy au look XVIIIème inénarrable! Ajd créations réinventait le bois contemporain avec un bureau en chêne et noyer de lattes enchevêtrées issues de récupération (bureau récup chez ajdcreations.com). Les limousins d’Esprit porcelaine réinventaient en biscuit blanc les abat-jours à frou-frou, une version vraiment rigolote, la chose s’appelle, excusez du peu, « Et la lumière fut sous les jupons de Princesse ». (www. espritporcelaineboutique.fr).

Enfin ceux qui croyaient voir une panne d’inspiration chez les jeunes joailliers avaient tout faux dans leurs prédictions pessimistes. En témoignaient les très originales créations autour de perles de Tahiti d’Anna Tabakhova (www.anna-tabakhova.com) et les bijoux d’or non poli à l’aspect très séduisant d’Esther Assouline (www.esther-fr.com).

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Sabina Rotbart
journaliste en tourisme culturel, gastronomie et oenotourisme. [email protected]

Une réflexion sur « Retour sur le salon Révélations : les artisans d’art français s’ouvrent au monde »

Commentaire(s)

  • Merci pour votre article, et d’avoir repéré le bureau Récup’, une de mes création en collaboration avec AJD. Bonne continuation

    septembre 24, 2015 at 18 h 45 min

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