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Paul Hansen reçoit le prix World Press Photo 2013

Paul Hansen reçoit le prix World Press Photo 2013

06 mars 2013 | PAR Marie Pichereau

Vendredi dernier les organisateurs du prestigieux concours de photojournalisme, avaient annoncé que le Suédois Paul Hansen était le nouveau lauréat du World Press Photo 2013.

Le cliché en question qui a été récompensé, représente un attroupement d’hommes dans les rues de la ville de Gaza et qui portent dans leurs bras, les cadavres de deux jeunes enfants. La photographie avait été prise le 20 novembre dernier et avait été publiée pour la première fois dans le quotidien suédois Dagens Nyheter.

Le World Press Photo est une organisation indépendante et non lucrative qui a été fondée en 1955. Elle est basée aux Pays-Bas, dans la ville d’Amsterdam. Depuis sa création, elle est reconnue mondialement pour son concours annuel de photographie de presse. Le but premier étant de stimuler et soutenir le développement du photo-journalisme, une discipline à part entière dans le métier. Cette année après Samuel Aranda, ( Révolution Yemen : photographie prise d’une femme voilée tenant dans ses bras un homme bléssé) c’est une scène prise dans les rues de la Palestine ensanglantée qui sera récompensée. Sur ce cliché on découvre les funérailles de deux enfants, tués par un missile lancé sur leur maison par l’ armée Israélienne. Les jeunes enfants âgés de 2 et 4 ans sont transportés respectivement par leurs oncles. Leurs parents ayant été tués dans l’attaque. Comme bon nombre de photographies prisent dans un contexte de guerre, ces prises de vues sont toujours terriblement efficaces pour illustrer les conflits, avec des images qui généralement ne sont pas relayées ou occultées par les médias. C’est un point de vue « authentique » qui choque ou émeut souvent l’opinion publique et qui donne un autre point vue sur les évènements en cours.

 

 

 

 

 

 

Dans ce premier cliché pris par Kevin Carter, on découvrait avec horreur un enfant affamé soudanais traqué par un vautour patient. Elle avait donné à l’opinion publique, un vrai regard à la condition désastreuse en Afrique sub-saharienne. Récompensé pour son travail, le photographe avait remporté le prix Pulitzer. Trois mois après avoir pris la photo, il s’était suicidé. Cette autre image devenue célèbre depuis, à fait le tour du monde et illustre désormais l’atrocité de la guerre du Vietnam dans tous les manuels d’Histoire. Elle était aussi devenue, l’ icône du mouvement pacifiste des années 1970.

Cette année, c’est le conflit israélo-palestinien qui a été capturé par Paul Hansen. Cette image a été accueillie de manière unanime par le jury. Pour Mayu Mohanna : « La force de cette photo réside dans le contraste entre la colère et la souffrance des adultes par rapport à l’innocence des enfants ». Pour le président du jury, Santiago Lyon de l’agence Associated Press : « Une bonne image doit frapper l’esprit, l’estomac ou le cœur. Et certaines, comme celles-ci, sont capable de frapper les trois à la fois ». Enfin Dominique de Viguerie, a qualifié le cliché du Suédois de « cinématographique » et d’ « universel».

Cependant cette nomination bien que largement méritée, a également relancé une polémique quant à l’utilisation de la retouche via des logiciels spécialisés dans la photographie journalistique. En effet, ladite production a été retouchée. Le traitement de l’image de Paul Hansen se caractérise par une désaturation des couleurs et un assombrissement très net de la photographie. Pour certains avoir recours à ce genre de pratique dénature l’essence même du cliché, trop « d’esthétique » finit par tuer le compte rendu de l’image. Mais pour d’autres, il va dans le sens de la production en suscitant un certain sentiment d’irréalité, il donne même de la matière à la scène capturée. Dans ce cas, la retouche n’est pas nécessairement négative, elle ne disqualifie pas l’image bien au contraire puisqu’elle rentre dans la démarche de l’artiste qui choisit d’utiliser la retouche pour accentuer certains aspects de son travail. Au même titre que l’évolution du matériel photographique, il est légitime de faire rentrer en compte, les nouveaux logiciels de « modifications » d’image. La photographie a évolué au même titre que le photojournalisme, ces « modifications » d’images n’altèrent en rien la narration visuelle ou la transparence de l’image. Elle ajoute au contraire de la « spectacularisation », voire même de la théâtralité à ses oeuvres. Le choix de véhiculer une image brute ou retravaillée, dépend uniquement de la vision de l’artiste et du sentiment qu’il désire dégager de son travail. A mon sens, il n’est pas pertinent de l’incriminer pour cela, Photoshop n’est pas toujours utilisé par manque de rigueur professionnelle ou par manque de compétence de la part du photographe.

Visuels : Capture d’image, Couverture de livre.

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Marie Pichereau

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