Arts

Oskar Kokoschka, l’inconnu du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

26 septembre 2022 | PAR Julie Viers

En 1974, l’oeuvre d’Oskar Kokoschka était qualifiée d’« inexplicablement méconnue » par le directeur du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris qui organisait une rétrospective. Encore aujourd’hui après la visite de cette nouvelle exposition consacrée au peintre viennois « son oeuvre demeure inexplicablement méconnue ». 

 

Parcourir l’Europe du XXème siècle avec Oskar Kokoschka 

Pour cette grande rétrospective de l’artiste à Paris, le MAM décide de retracer les sept décennies de création artistique du peintre viennois. Pour permettre au spectateur d’apprécier le panel des oeuvres le parcours choisi sera chronologique. Alors que pour le couple Albers, mis en avant il y a un an, le chronologique s’accompagnait de thématiques, cette fois-ci les commissaires Fanny Schulmann, Dieter Buchhart et Anna Karina Hofbauer font reposer l’exposition uniquement sur le fil historique.

Dès le début le bas blesse car il faudra au cours de la visite deux points de focus sur les affiches qu’il a réalisées tout au long de sa carrière et sur ses oeuvres face au fascisme et sa résistance culturelle. On suit donc l’ensemble de l’oeuvre de Kokoschka à travers des salles plus ou moins bien définies et dans lesquelles les oeuvres auraient méritées une meilleure mise en avant. C’est le cas notamment de la toile intitulée Les Amis. Gare au spectateur qui voudrait prendre du recul pour l’admirer, le risque de chute est important ! 

 

Oskar Kokoschka, un artiste proche des avants-gardes 

Tout au long de sa carrière Oskar Kokoschka a montré une grande originalité. Il a toujours été proche des avants-garde tout en gardant une indépendante qui lui est propre. Ses premières oeuvres expressionnistes le conduiront à être considéré comme un « artiste dégénéré » par les nazis. Au sein de l’Ecole d’arts appliqués de Vienne il se rapproche des idées de la Sécession. Ce courant rejette l’art dit académique. Il réalise également des oeuvres allégoriques durant son exil en Angleterre pendant la Seconde Guerre mondiale. Malheureusement cette liberté picturale évoquée dans certains textes explicatifs n’est pas rendue assez visible dans la scénographie. Une fois de plus la chronologie relative à ses différents voyages l’emporte sur le reste, sur la technique picturale.  

 

Une oeuvre diverse 

On peut néanmoins accorder une qualité à l’exposition : mettre en avant l’étendue et la diversité de l’oeuvre d’Oskar Kokoschka. Tout au long du parcours on peut découvrir ses huiles sur toile mais également ses lithographies, ses éventails, ses illustrations de livres, ses aquarelles, ses affiches, ses photographies. La diversité dans les sujets abordés est aussi mise en avant. On peut regarder de nombreux portraits de ses amis et de lui même, notamment son Autoportrait en « artiste dégénéré » (1937). Aussi le spectateur peut admirer des paysages incroyables comme le Paysage hongrois (1908) ou encore le Paysage des Dolomites (1913), marqué par une recherche sur la couleur avec des multitudes de nuances de verts et de bleus. Il y a des représentations d’animaux mais aussi des oeuvres très politiques comme L’Oeuf rouge (1940-1941)

Oskar Kokoschka au Musée d’Art Moderne

 

« Oskar Kokoschka, un fauve à Vienne », du 23 septembre 2022 au 12 février 2023 au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Visuels :

Le joueur de transe (Ernst Reinhold) / © Fondation Oskar Kokoschka / Adagp, Paris 2022

L’Œuf rouge /© Fondation Oskar Kokoschka / Adagp, Paris 2022

Autoportrait en « artiste dégénéré ? »  © Fondation Oskar Kokoschka / Adagp, Paris 2022

 

 

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