Arts
« Gino Severini, futuriste et néoclassique » au Musée de l’Orangerie

« Gino Severini, futuriste et néoclassique » au Musée de l’Orangerie

05 mai 2011 | PAR Anais Tridon

C’est la première rétrospective consacrée à Gino Severini (1883-1966) depuis celle de 1967 (au Musée d’Art Moderne). L’exposition qui se tient au Musée de l’Orangerie présente son évolution à travers les étapes décisives de sa carrière. Une exposition très éclectique permettant de découvrir les différents styles du peintre.

Chef de file du mouvement futuriste (signataire du Manifeste de la peinture futuriste en 1910, il assume un rôle de premier plan dans la diffusion du mouvement en France), Gino Severini est souvent considéré comme le plus français des peintres italiens pour sa forte contribution aux échanges artistiques entre les deux pays. Comme l’artiste lui-même le dira : « Les villes auxquelles je suis le plus attaché sont Cortonne et Paris. Je suis né physiquement dans la première et intellectuellement autant que spirituellement dans la seconde« .

Pour présenter l’évolution de cet artiste qui joua un rôle important dans la création artistique de la première moitié du XXe siècle, l’exposition présente de façon chronologique toutes les étapes de sa carrière : divisionnisme de 1905 à 1910, futurisme de 1911 à 1915, cubisme de 1916 à 1919, retour à la figure de 1920 à 1943, et enfin néofuturisme et abstraction de 1948 à 1951.

Ses toiles dépeignent la vitesse et le dynamisme de la vie moderne, mêlant les intérêts esthétiques propres au futurisme (voitures et machines) avec une attention plus profonde pour la figure humaine en mouvement, entourée de sons, rythme et couleurs.

En présentant les différents aspects de la production de Gino Severini, cette exposition permet de mettre en avant tout son travail artistique  en élargissant notre perception de sa créativité, beaucoup plus diversifiée que sa célébrité de peintre futuriste ne le laissait penser.

Les premières pièces consacrées au divisionnisme, pointillisme et au futurisme sont intéressantes car l’artiste semble affirmer un style personnel. Ses vues urbaines peintes selon un pointillisme très libre évoquent l’œuvre de Signac mais semblent très proches des paysages réalisés par Van Gogh. Ses quelques portraits au pastel évoquent les artistes tels que Degas et Toulouse Lautrec. Il utilise dans ses premières œuvres futuristes l’expérimentation divisionniste par l’emploi de paillettes dans les formes de ses danseuses et par les plans colorés de son œuvre. Durant la période futuriste, la foule, la ville et les lieux de divertissement sont ses sujets de prédilection (bien éloignés des thèmes de ses amis artistes). Les toiles de cette période sont remarquables.

Seulement voilà, à partir de 1916, le peintre italien rompt avec les Futuristes et s’intéresse de plus près au cubisme en côtoyant Cocteau, Matisse et Juan Gris. A partir de ce moment, c’est la confusion totale. Le peintre ne semble plus inventer un style mais effectuer des copies d’artistes dont il s’inspire. Il touche à tous les domaines et multiplie les genres sans réellement affirmer sa propre personnalité.

L’exposition a le mérite de présenter les différentes facettes de ce grand peintre italien,  mais  l’œuvre dans son ensemble parait finalement quelque peu brouillonne et confuse. La période futuriste et pointilliste est fascinante, car le traitement de la couleur et de la lumière sont utilisés avec subtilité. Or, les portraits néo classiques et les éléments décoratifs qu’il réalise dans les années 20 et 30 sont beaucoup moins esthétiques.

 

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Anais Tridon

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