Livres

Blue Gene, de Joey Goebel

05 mai 2011 | PAR Marie-Salome Peyronnel

Ancien musicien de pop-punk et auteur des remarqués « Torturez l’artiste ! », et « The Anomalies » (voir notre critique) Joey Goebel, continue de se faire le chantre de l’Amérique profonde. Son troisième roman Blue Gene se passe à Bashford, Kentucky, au cœur du Midwest. Roman disponible le 5 mai aux Editions Héloïse d’Ormesson.

Eugene dit « Blue Gene » vend ses jouets d’enfant sur un marché kitsch à souhait et crasseux. Avec sa coupe mulet, sa longue moustache et un style plus qu’approximatif personne ne pourrait imaginer qu’il est le fils d’Elizabeth et Henry Mapother, les propriétaires de la 5ème plus grosse entreprise du pays. D’ailleurs eux mêmes ont du mal à y croire. Et pourtant, lorsque John, le grand frère de Blue Gene se présente aux élections pour devenir sénateur, Elizabeth vient chercher le vilain petit canard qui leur fait tant honte. Blue Gene est en effet un don du ciel pour la campagne : lui seul peut aider John à récolter les voix populaires. En ayant Blue Gene à ses côtés qui interagit sans souci avec une plèbe portant des T-Shirts « High Voltage Bitch » ou « Legalize it », l’image de patron qui désert John est atténuée. Les deux frères sont aussi différents qu’il est possible de l’être. John est un ancien d’Harvard, ambitieux et propre sur lui. Il défendait politiquement la guerre en Irak mais n’a pas comme son cadet tenté de s’engager. Il buvait et se droguait étant jeune mais est rentré dans le rang avec zèle, contrairement à Blue Gene qui passe pour un drogué aux yeux de sa famille alors qu’il se contente de boire volontiers quelques bières. Pour rallier Blue Gene à sa cause, John va jouer sur leur unique point commun : les valeurs américaines, particulièrement exacerbées dans le MidWest.

« Honneur, Liberté, Fierté et Foi » sont le centre de la campagne de John, à laquelle Blue Gene finit par participer, autant par conviction que pour recevoir enfin un semblant de reconnaissance paternelle. Entre les « Redneck » enrichis et les « White Trash » tatoués, c’est le choc des cultures et même après 583 pages on n’est pas sur de savoir laquelle est la plus choquante. Malgré la fin décevante de l’ouvrage, Joey Goebel dresse un portait pittoresque de la culture de la Middle America et une critique piquante des politiciens conservateurs qui sont censés la représenter, souvent sans réellement servir les intérêts de l’Américain à peine moyen qui a voté pour lui…

« Blue Gene », de Joey Goebel, trad. Eho, 23 euros, sortie le 5 mai 2011.

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Marie-Salome Peyronnel

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