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Unedited history au MAM : l’Iran artistique des 50 dernières années

Unedited history au MAM : l’Iran artistique des 50 dernières années

26 mai 2014 | PAR Maïlys Celeux-Lanval

Quelle mission ambitieuse que celle du Musée d’art moderne de Paris de vouloir faire le portrait de 50 ans d’art et d’histoire de tout un pays ! C’est l’Iran qui se retrouve sous les projecteurs de cette grande exposition, divisée en 3 parties : les années 60-70, la révolution de 79 et la période contemporaine.

Bon, on ne vous le cachera pas, vu l’ampleur de la tâche, on s’attendait à être déçu, on l’est. L’ensemble est d’une tristesse et d’une fadeur… Et montre l’Iran sous un jour bien peu flatteur, gris, morne. Marjane Satrapi avait montré avec Persepolis un panorama beaucoup plus nuancé, avec un sens critique remarquable. Pourquoi comparer ? On peut se dire que le musée n’a pas à avoir de discours critique, qu’il expose et laisse au spectateur le choix de se faire un avis, et donc que la comparaison d’une exposition avec une bande-dessinée n’a pas lieu d’être. Mais c’est faux, puisque le musée, par ses choix de muséographie, d’œuvres, de cartels informatifs, indique une direction, donne une vision. Alors, autant faire les choses bien, avec audace et surtout, modernité, et montrons un visage de l’Iran plus complexe que quelques œuvres froidement alignées (on reprochera notamment ces enfilades ternes de photographies, qui invitent plus à courir devant qu’à s’arrêter pour les contempler !)

En comparaison, on pense à l’exposition qui était au Bal il y a encore quelques semaines : elle présentait toute l’histoire de la tour Ponte City à Johannesbourg, symbole de richesse transformé au fil des années en squat, devenue ainsi l’image de l’échec total de l’Apartheid. À la fois très humain et très esthétique, le projet proposait une muséographie nouvelle et un discours audacieux, et mariait parfaitement information et art.

Ainsi, des audaces sont possibles, à condition qu’on s’ouvre à la possibilité d’un discours critique et à de véritables émotions. Le tout début et la toute fin de l’expo sont tout particulièrement tristes : d’abord, des peintures sans saveur et finalement un projet de pierre tombale, plutôt charmant sur le principe puisqu’il s’agit d’accorder une stèle à quelqu’un qui n’en a pas, mais qui finit d’achever le spectateur accablé. On retiendra toutefois les installations très spectaculaires de la période contemporaine…

Unedited History – Iran 1960-2014 au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
Du 16 mai 2014 au 24 août 2014
10:00 – 18:00
Tarif : de 5 à 11 €

Visuel : (c) affiche de l’exposition

Infos pratiques

Maison Européenne de la Photographie
Salle Gaveau
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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