Expos

Stéphane Fedorowsky dans la mémoire du Nord

Stéphane Fedorowsky dans la mémoire du Nord

24 mai 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Stéphane Fedorowsky est artiste, son travail part de la photographie pour toucher à une forme poétique de surréalisme. En juin seront inaugurées ses deux nouvelles expositions, une au Château d’Esquelbecq et une installation photographique et sonore … sous les ailes du Moulin de Pitgam.

Je vous avais rencontré en juin 2012, vous exposiez l’Emouvantail à la Galerie, rue Chapon, que s’est-il passé depuis ?

Après ce troisième conte photographique, L’Emouvantail (l’écho d’une histoire d’amour entre un épouvantail et la Dame del’O) en 2012, mon travail s’est orienté vers le nu et le surréalisme poussant toujours plus loin les techniques de montage de développement en chambre noire. Après quelques salons et expositions en France et aux Etats Unis, c’est à la Galerie Sophie Scheidecker, au côté de grands maîtres de la photographie argentique (Man Ray, Erwin Blumenfled, Robert Mapplethorpe, Pierre Moulinier …) que mes images ont pris place pendant 2 expositions en 2016 et 2017. Quoi de plus motivant ? Pendant ces 2 ans j’ai aussi dirigé au côté de l’AVVEJ (Association vers l’avenir pour l’éducation des jeunes), des ateliers avec un groupe de jeunes différents chaque année, aux quelques difficultés. Et nous avons réalisés 2 expositions sur différents thèmes (A ta rencontre et Je(ux) et apparences) que j’ai ensuite scénographié dans des galeries à Paris et à Saint Denis. Ces thèmes leur ont permis de s’interroger sur eux-mêmes d’une autre manière, de se mettre en scène et de s’exprimer au-delà des mots.

Vous voilà en résidence au Château d’Esquelbecq, où vous exposerez la mémoire de ce  lieu à l’occasion de Art au jardin-Mémoires I – du 1 juin au 28 oct. 

img_0346.jpgDepuis 2017 je fais des ‘va et vient’ entre paris et une résidence au château d’Esquelbecq (59) dans le Nord de la France. Mon travail a pris une direction inattendue, comme un retour aux sources. Car j’ai commencé la photo par des portraits :  L’exposition Mémoire est un travail de transmission et d’héritage. Elle relate de témoignages sous la forme de portraits photographiques et d’interviews. Je suis allé frapper aux portes pour rencontrer différentes personnes, acteurs ou spectateurs de la vie d’un lieu classé Monument Historique. Quelles traces un lieu a-t-il pu laisser dans nos Mémoires ?
Ces portraits sont dressés et exposés sous forme de panneaux photographiques d’1m50x2m autour du monument. Vous retrouvez les interviews, les anecdotes, chacune liées à un souvenir intime ou historique. A lire mais aussi sous forme d’installation sonore. Chaque tirage argentique est scannés et reproduits à la dimension voulue.

Où se déroule l’installation ?

L’installation toujours visible, s’enrichit et se poursuit encore aujourd’hui dans les jardins du château d’Esquelbecq, lui qui a vu son donjon s’effondrer et emporter avec lui toute l’aile nord du château en 1984. A l’abandon pendant 20 ans il renaît vaillamment aujourd’hui grâce aux actions de rénovations entrepris par les propriétaires depuis une quinzaine d’années.  Art au jardin-Mémoires I  se tiendra du 1 juin au 28 octobre.

Art au jardin-Mémoire I, il y a donc un second volet ?

affiche-memoire-mpMémoire ne s’arrête pas là, elle continue sa route dans cette belle région des hauts de Flandre et oriente, avec le soutien de la CCHF (Communauté de Commune des Hauts de Flandre) son regard vers le moulin de Pitgam (59), le moulin du Lion. Seul rescapé d’un village ou à l’époque se dressait 3 moulins. (Mémoires II – 16 juin au 16 septembre). 2 livres regroupant ces voyages au cœur de trésors historiques et leurs expositions seront disponibles à la vente lors de vos visites aux événements.

Quelles sont vos quêtes artistiques actuelles ?

Il me plait à chercher autour de l’équation réel/Irréel, conscience/Inconscience, transformer ce que l’on voit. Construire un instant que l’on capture. Une photo c’est un processus qui germe à partir du déclic de l’appareil et reste en genèse jusqu’à la chambre noire…  Suivre l’image, l’abandonner, la retrouver, y ajouter des ingrédients personnels pour révéler la vie qu’elle contient puis l’arrêter, la fixer, pour enfin la laisser vivre. J’ai choisi ces photos la car elles sont récentes mais surtout car elles symbolisent et englobent bien la finalité d’un long cheminement de pensées, de feeling, de techniques et de recherches. Je vous les raconte en image à vous de voir ou elles vous emportent.

Le territoire, en pleine grève infinie de la SNCF c’est aussi la question de la circulation. Comment questionner vous les espaces et les routes, je veux dire, techniquement, comme photographe  ? 

Même s’il me plait a tordre les espaces, déformer les routes ; Il faut que ça circule !!!

Informations pratiques

Les témoignages du Moulin de Pitgam sont à retrouver en ligne ici, comme cet entretien avec l’ancien maire (1993-2008) du village, Alain Codron où l’on comprend comment la restauration a pu se faire.

Visuels : ©Stéphane Fedorowsky-DR

Mémoire I du 1 juin au 28 octobre, au Château d’Esquelbecq, 4-12 Rue de la Gare, 59470 Esquelbecq
Mémoire II du 16 juin au 16 septembre au Moulin de Pitgam, 59284 Pitgam

« Change Me », un spectacle déchirant sur la transphobie intemporelle à la Tempête
Françoise Nyssen annonce son plan « Tous musiciens d’orchestre » à la Philharmonie de Paris
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *