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[Londres] L’exposition Flux : Lumière sur des artistes émergents

[Londres] L’exposition Flux : Lumière sur des artistes émergents

13 décembre 2015 | PAR Yaël Hirsch

Il est toujours difficile pour un artiste de faire connaître son travail, sauf s’il a le soutien d’une grande galerie. C’est particulièrement vrai à Londres où l’espace des galeries est cher et compté. Donc Lisa Grey doit être félicitée pour avoir engagés les moyens de soutenir des artistes encore inconnus.

Pour lire la version originale de l’article en Anglais, c’est ici.

Elle a commencé en publiant le blog « The Palette Pages » où elle interviewait des artistes de plusieurs pays auquel elle souhaitait amener une plus grande attention du public et en février 2015, elle a organisé la première exposition Flux à la Rag Factory de East London. Le succès d’une telle exposition l’a encouragé à penser plus grand et la nouvelle mouture de l’exposition Flux a grimpé d’un cran en investissant le Royal College of Art, juste derrière l’Albert Hall à Kensington.

100 artistes sont représentés, principalement britanniques mais aussi de toute le continent européen et certains viennent même de l’autre côté de l’Atlantique. Dans toute exposition collective, il est souvent difficile de ne pas se laisser déborder par la diversité, mais ici, il y a assez d’espace pour que chaque œuvre puisse respirer. Cependant, dans cette article nous ne pouvons mettre l’accent que sur quelques artistes.

Représentative des artistes trop souvent méconnus que Gray a choisi de montrer, Emma Caton, qui expérimente plusieurs media avec des œuvres à couches et plurivoques ouvre la porte à de nombreuses interprétations. Posé sur un podium comme la pomme de la Belle au Bois Dormant, son « Golden Delicious » séduit et donne envie de toucher. Mais en y regardant de plus près, on voit que l’œuvre est faite de détritus récupérés dans la rues, avec des emballages de marques reconnaissables mais aussi des flocons d’or pur. Avec ceci, un grand portrait de sa mère remplit un un comptoir recyclé, nue et chatoyante, aussi couronnée d’or. La pièce s’appelle « The Grandmother » mais elle est devenue La Reine. Encore une fois la première impression est trompeuse et quand on regarde l’oeuvre est faite d’insectes morts. Caton dit que ce travail appartient à la conversation qu’elle a avec sa mère sur leur relation difficile. Dans les deux cas, quelque chose de laid- physiquement ou émotionnellement- est transformé en quelque chose de beau, mais le fait de montrer aussi la laideur révèle que beau et laid sont inséparables.

Les autres morceaux de bravoure de l’exposition comprennent le travail du photographe irlandais Gillian Hyland dont les images hyper-réalistes de veine « film noir » ont déjà été primés par le prix de la Photographie à Paris l’an dernier. Ces petits drames mis en scène avec précision font penser à des peintures. A contrario, les peintures de Andrew Kinsman – un musicien qui se focalise désormais sur son art- évoquent plutôt des photos et évoquent les premier clichés de romantiques anglais. Né en Egypte et habitant le Yorkshire, le sculpteur Sam Shendi est plus établi puisqu’il est déjà représenté par la Saatchi Gallery, mais il est très enthousiaste à l’idée de participer à l’exposition Flux. Ses représentations colorées et joyeuses du corps humain jouent avec les limites de l’abstraction et sont à la fois tactiles et métaphoriques.

Lisa Gray ne vise pas seulement à exposer ces artistes mais aussi à leur amener des collectionneurs. A en juger par les points rouges qui se sont multipliés le jour du vernissage, sa stratégie est gagnante. Allez voir cette exposition dans les deux prochains jours pour sélectionner vos propres morceaux choisis. Vous voudrez peut-être en rapporter un à la maison.

The Flux exhibit, The Royal College of Art Kensington Kensington Gore, London, SW7 2EU, Métro : South Kensington. Horaires : 13 décembre 12h-18h. 14 décembre : 10h-15h.

Texte et visuels : Peter Domankiewicz trad. YH.

Infos pratiques

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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