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Les sculptures hybrides de Thomas Houseago investissent le Musée d’Art Moderne

Les sculptures hybrides de Thomas Houseago investissent le Musée d’Art Moderne

14 mars 2019 | PAR Yaël Hirsch

Jusqu’au 14 juillet le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris dédie sous un titre issu de Suzanne de Léonard Cohen « Almost human » une première rétrospective française à l’artiste britannique Thomas Houseago. Une exposition titanesque qui permettra aux parisiens de découvrir un grand artiste.

Sculpteur titanesque, représenté par Gagosian, exposé au Palazzo Grassi avec ‘Le Monde vous appartient’ en 2011-12, Thomas Houseago est capable de mêler matière et surfaces planes dans un grand bestiaire et de plaquer sa force de démiurge dans de l’huile au mur (black paintings) avec des titres souvent extraits de chansons. Très expressionniste et parfois brut (il y a la puissance d’un Baselitz dans ses oeuvres), l’artiste sait aussi multiplier les références classiques. La force tellurique de ses sculptures aux matières diverses et souvent mixtes (chanvre, tuf, fer, aluminium, bois…) est tout de suite saisissante, ainsi que la taille monumentale des oeuvres exposées.

L’on entre dans cette première rétrospective (une trentaine d’œuvres magnifiquement sténographiées par Cécile Degos) dédiée à Thomas Houseago en France par deux pièces de fin d’études au Jacob Kramer College de Leeds en 1998 : Mask et Sister, qui font directement référence aux sculpteurs antiques. Plus loin, on continuera avec les classiques et c’est Giacometti qui est cité avec une version puissante de L’homme qui marche.

En première première partie, l’anthropomorphe se mêle aux bêtes, mais ça n’est jamais complètement monstrueux et toujours vertigineux : les pièces se suivent comment un procession d’accueil et nous plongent dans l’univers à la fois métissé et très brut de l’artiste. Certaines sont en matières nobles et s’élèvent comme des temples grecs tandis que d’autres semblent rester à hauteur d’homme grimaçant, comme un Kabuki muet.

Ensuite, l’on passe par le gigantisme des hybrides puis dans les affres délicieuses des diables et démons avec vue sur l’esplanade de Chaillot et la Tour Eiffel : l’alignement est juste vertigineux et l’on aime à se rapproche des oeuvres sur les murs, qui même en simple peinture ou en papier, exposent toujours quelque chose qui ressemble à une troisième dimension..

En final, l’on est invité à passer la porte du studio de l’artiste et de le découvrir en performeur avec l’œuvre Cast Studio en plâtre, avec le moule de la terre glaise originelle au centre de la salle et les mouvements de l’artiste documentés par sa femme autour de la sculpture. C’est noir, gris, blanc et nous invite à terminer notre plongée dans l’univers titanesque de Thomas Houseago par un bain de matière et de pensée.

« Il me semble que l’exposition est très claire, des débuts, à mes démons, jusqu’à la dernière salle qui dit tout ce que je suis » expliquait l’artiste à la presse, très heureux et ému de cette rétrospective, qui va vraiment faire connaître ce chouchou britannique de l’art contemporain au public français. 

En sortant de l’exposition, ne manquez pas l’œuvre Striding Figure II qui est installée dans le bassin de l’esplanade. Et ce vendredi 15 mars, à l’occasion de l’ouverture de l’exposition, ne manquez pas la Rencontre avec Thomas Houseago, Michael Govan et Fabrice Hergott à 19h au MAM, installés dans Cast Studio

visuels : photos de l’exposition (c) YH

Infos pratiques

Maison Européenne de la Photographie
Salle Gaveau
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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