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Les délicats hybrides d’Odonchimeg Davaadorj

Les délicats hybrides d’Odonchimeg Davaadorj

08 juin 2022 | PAR Laetitia Larralde

Cet été, le Domaine de Chamarande continue de célébrer le vivant avec une nouvelle exposition des travaux récents d’Odonchimeg Davaadorj, Bardo. Envol poétique dans un univers hybride.

Cette année, le Domaine départemental de Chamarande s’intéresse au thème des relations entre l’homme et l’animal. A la très belle exposition collective Devenir un [autre] animal vient s’ajouter celle monographique d’Odonchimeg Davaadorj, jeune artiste originaire de Mongolie arrivée à Paris en 2009 via la République Tchèque. Formée à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art Paris-Cergy, son travail est déjà remarqué internationalement et lauréat de plusieurs prix.

Déjà présente dans Devenir un [autre] animal, Odonchimeg Davaadorj investit l’orangerie du domaine avec Bardo, qui représente un état intermédiaire dans le bouddhisme tibétain. Elle y présente deux grandes séries de dessins, une installation (Black Swan) et son travail très récent de céramique, dont certaines pièces sont encore en work in progress. Ses œuvres s’inscrivent totalement dans la thématique de la saison, qui explore les relations poreuses entre les différentes espèces et replace l’homme au sein du règne animal.

En effet, les croyances bouddhistes d’Odonchimeg Davaadorj lui font voir le monde et ses êtres vivants comme un vaste réseau interdépendant, où la disparition de l’un a des conséquences sur tous les autres. Elle est particulièrement attirée par les oiseaux dont la capacité de voler ne pourra jamais nous être accordée sans aide technique. Sa série de dessins Bardo représente des moineaux, espèce menacée dans nos villes, qu’elle relie aux humains en dessinant un visage sur le poitrail de l’oiseau. De même, sa série Héra mélange humains et papillons. Ses dessins d’une grande délicatesse expriment à la fois la beauté du vivant et sa fragilité.

Avec la céramique, une technique qu’elle commence juste à expérimenter, Odonchimeg Davaadorj pousse encore plus loin l’hybridation en ajoutant du végétal. Les motifs d’oiseaux, de femmes et de papillons se retrouvent dans la terre où elle laisse des creux au niveau de la bouche, des oreilles, du cœur ou du nombril. Là viennent s’insérer des plantes séchées, mais l’artiste projette de les relier par des fils et des perles, à l’image de ses dessins que l’on peut voir au château, brodés de fils rouges. Avec son travail où les techniques se mélangent et se relient pour former une grande entité dans laquelle on est englobés, elle illustre parfaitement ses croyances bouddhistes.

Cet été, n’hésitez pas à découvrir les expositions du Domaine de Chamarande, pour aller vous plonger ensuite dans la nature de son magnifique parc, comme une mise en pratique de ce que les artistes vous auront transmis.

Bardo, Odonchimeg Davaadorj
Du 04 juin au 18 septembre
Domaine départemental de Chamarande

Visuels : 1- Odonchimeg Davaadorj, Hera, 2021 – photo : Backslash galerie © Odonchimeg Davaadorj, 2022 / 2- Odonchimeg Davaadorj, Bardo, 2021 – vue de l’exposition « Animal Kingdom » au centre d’art Âme nue (Hambourg), 28.05.2021-15.06.2021 © Odonchimeg Davaadorj, 2022 / 3- Odonchimeg Davaadorj, Black Swan, 2021 – photo : Backslash galerie © Odonchimeg Davaadorj, 2022 / 4- Odonchimeg Davaadorj, Buvei, 2021 – © Odonchimeg Davaadorj, 2022

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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