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Jean-Luc Moulène, En angle  [Bruxelles]

Jean-Luc Moulène, En angle [Bruxelles]

22 janvier 2018 | PAR Sophia Le Bon

La vie, l’amour et la mort. Rien que cela. Tout cela, que Jean-Luc Moulène souhaite injecter dans son travail d’artiste.

Invité dans le cadre du cycle d’expositions Poésie balistique, Jean-Luc Moulène déploie un ensemble d’œuvres inédites, pour la plupart produites pour l’exposition, dans l’espace de La Verrière à Bruxelles, soutenue par la Fondation d’Entreprise Hermès.

Des objets organiques (et non pas des peintures comme précise l’artiste) mêlant goudron et huile côtoient d’étranges compositions réalisées par des champignons se décomposant naturellement sur du papier.

Goudron et peinture sont tous les deux composés d’huile dont l’odeur est encore perceptible. Ils dégagent quelque chose de vivant et charnel puisque le mélange continue à interagir et fait apparaître des déchirures à la surface de la peinture. Chaque visiteur vit ainsi une expérience unique face à une œuvre qui ne cesse d’évoluer.

Les œuvres Spores sur papier sont également le résultat d’un procédé alchimique, presque magique, qui s’opère uniquement pendant la nuit : des champignons fraichement récoltés sont posés sur papier afin qu’ils y lâchent leurs « projectiles » noirs, marron ou blanc. Procédé très peu contrôlable, il aura fallu quarante essais avant d’arriver au résultat recherché. C’est sublime, on dirait un ballet de méduses.

Une photographie, longtemps la partie la plus visible du travail de Jean-Luc Moulène, et une sculpture complètent l’ensemble.

Le tout est mis en perspective par des miroirs mobiles, dotés de capteurs, qui se promènent dans l’espace, interagissent avec le visiteur et mélangent œuvres, espace d’exposition et boutique de luxe.

Dire que les œuvres exposées se livrent facilement aux visiteurs serait mentir. Peut-être que c’est même l’effet recherché par Jean-Luc Moulène qui explique que « l’art n’est pas fait pour être compris, il faut simplement continuer à penser l’art comme une pratique de l’art, et pas comme une pratique du commentaire ou de son miroir. […] cette volonté moderne d’éclaircir et de tout expliquer me fatigue ».

Il est cependant extrêmement intéressant de s’ouvrir à l’univers de Jean-Luc Moulène puisqu’il surprend et permet de voir la vie, l’art et la mort, bref, le monde, d’un autre angle.

19 janvier au 30 mars 2018, Fondation d’entreprise Hermès, La Verrière, Boulevard de Waterloo, 50, 1000 Bruxelles

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Sophia Le Bon

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