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Ed Atkins entre cime et abîme pour la 3ème vague d’accrochage de « l’Etat du ciel » au Palais de Tokyo

Ed Atkins entre cime et abîme pour la 3ème vague d’accrochage de « l’Etat du ciel » au Palais de Tokyo

08 juin 2014 | PAR Yaël Hirsch

Jeudi 5 juin,  alors que les expositions des Partie 1 et Partie 2 restent dans la nef immense du palais de Tokyo et sa friche, on vernissait la troisième fournée de la série d »expositions Un Etat du Ciel.

En sous-sol, Marie Brugello &Gérard Wacjman présentent avec All that Falls des artistes contemporains (Ronald Amstutz, Vasco Araújo, Julien Bismuth, Jean-Pascal Flavien, Dominique Ghesquière, Lola Gonzàlez, Camille Henrot, Willy Kautz, Agnieszka Kurant, Julie Legrand, Urs Lüthi, Michael C. McMillen, Steve McQueen, Philip Metz, Deimantas Narkevicius, Tony Oursler, Daniel Pommereulle, Benoit Pype, Delphine Reist, Lili Reynaud Dewar, Jimmy Robert, Miri Segal, Pablo Vargas Lugo) qui voient leur temps comme la chute des dieux, avec entre autres des références aux chutes du mur de Berlin, du World Trade Center et des matières mouvantes signées Dominique Ghesquière à piétiner d’entrée.

Au rez-de chaussée, le pavillon Neuflize OBC et Gallien Déjean ont invité une douzaine d’artistes à se plier à la discipline japonaise traditionnelle de l’ikebana (la voie des fleurs) pour faire un exercice de futurologie imaginant ce que seront les choses « 100 ans plus tard ». Les artistes sont toujours un peu prophètes.

Notre choc esthétique de cette troisième série de vernissages au Palais de Tokyo est l’art vidéo de l’artiste britannique Ed Atkins, exposé pour la première fois en solo en France, par Rebecca Lamarche-Vadel . On entre dans Bastards le long d’une rampe blanche immaculée qui y mène comme vers une grotte sacrée. Des dessins nous receptionnent, avant qu’on entre dans le vif du sujet : 3 vidéos avec une bande son commune, qui mêlent bon nombre d’artifices visuels (floutages divers, textes graphés et animation) pour mettre en scène un sujet unique, blond, aux yeux bleus, nu ou dénudé, aux bords de la résistance physique à l’alcool et à la drogue et qui gémit, la tête posée sur la table. Profondément expressionnistes, cet art vidéo où les trois écrans ne sont pas accessibles à la fois joue sur la notion de manque et ne donne à agripper que la trace d’une quête et d’une souffrance. Sur fond de Bach le personnage chante en haute-contre, ce cri qui ne peut pas ne pas faire penser à Bill Viola (actuellement à l’affiche du Grand Palais), d’autant plus que le personnage aux bord de son être oscille chante la Passion selon Saint-Matthieu. Entre le sublime de la foi et déchets scatologique versés comme le péché de la chair dans l’alcool, le réflexion très spirituelle du jeune vidéaste britannique semble une variation très sensible autour de la Pensée de Pascal « Qui veut faire l’ange fait la bête« . A donner la chair de poule et à voir jusqu’à 7 septembre.

visuels : yael hirsch

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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