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Charles Ray, monumental et décalé au Centre Pompidou

Charles Ray, monumental et décalé au Centre Pompidou

18 février 2022 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Jusqu’au 20 juin, le Centre Pompidou expose une courte et efficace rétrospective des sculptures et bas-reliefs de Charles Ray. L’artiste américain né en 1953 interroge en matières et en formats la place des oeuvres en ronde-bosse aujourd’hui.

L’affiche est dans tout Paris. On y voit Charles Ray regarder une immense dame en tailleur rose. « Fall’91 », un mannequin de vitrine 30% plus grande que dans les boutiques. Elle impressionne, elle impose, elle subjugue. C’est elle que l’on vient voir « en vrai » dans la Galerie 2, ici totalement éventrée, comme un loft.  Ray travaille  la fibre de verre, le bois, le papier et l’acier. Jamais le plâtre, ni l’argile. Cela donne à ses objets des allures bizarres, décalées. Cela vient du fait que les échelles sont toujours respectées. Comme dans cette famille, nue, où parents et enfants, désormais tous de la même taille, se tiennent par la main. 

Charles Ray raconte comment sous LSD sa perception de la réalité a été un peu perturbée :  « J’aperçus à l’ouest, juste au dessus de la ligne d’horizon, un disque ou une sphère ». Et cette exposition faite d’une quinzaine d’œuvres agit comme cela sur nous. Elle trouble. Cette femme à demi allongée n’est-elle pas en pierre ? Non, c’est du papier, et c’est la maman de l’artiste. 

Ray se montre également, sur des photos, dont une à la ligne incurvée qui interroge la notion d’accrochage.  L’exposition ne manque pas de poésie. Il y a le petit garçon qui fait ses lacets invisibles, ou ce minuscule bonhomme qui tient dans une bouteille, comme un message à la mer. 

On navigue donc rapidement dans 50 ans de travail. Ray s’inspire autant de la statuaire antique que de toute l’histoire picturale du XXe siècle. Ses formats immenses prennent tout l’espace de la Galerie 2 qui d’un coup semble toute petite. Il faut dire qu’une voiture et un immense tronc d’arbre s’occupent de prendre place.

Cette carte blanche offerte à cet artiste majeur permet de comprendre son trait de plus près. Lui qui porte une attention folle aux détails, comme le blouson un peu froissé de son « Self portrait », en mannequin de magasin lui aussi.

Cette exposition a lieu en collaboration avec la collection Pinault qui présente Charles Ray jusqu’au 6 juin (nous vous en parlerons bientôt). Sur présentation de votre billet pris au Centre Pompidou, une réduction de 10 euros est allouée sur l’achat de votre ticket. 

Visuels : ©ABN

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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