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Charcot à l’honneur à la Chapelle de la Salpêtrière

Charcot à l’honneur à la Chapelle de la Salpêtrière

10 juin 2014 | PAR Yaël Hirsch

La chapelle de l’hôpital où le célèbre neurologue a opéré dans les années 1860 accueille une exposition imaginée par les docteurs Catherine Bouchara, Daniel Cohen et le scénographe Philippe Pumain, où l’on découvre les multiples talents de celui qui est resté célèbre pour ses études et présentations d’hystériques. Une exposition hors des sentiers battus, dont le morceau de bravoure est le retable d’Ernest Pignon Ernest qui fait le lien entre la mystique et les recherches de Charcot.

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Selon une scénographie majestueuse, l’influence de Charcot est exprimée en 3 parties. Une partie expose les diverses facettes de l’homme qu’on découvre autant artiste (il sculpte, peint, dessine) que chercheur, à travers des documents de ses archives privées. Intéressé par le cerveau, il travaille sur les psychotropes, l’hystérie des femmes et des hommes (c’est auprès de lui que Freud et Breuer font leurs classes) et expérimente l’hypnose. Chercheur de renom, il voyage, et rencontre plusieurs sommités de son temps. Certains documents sont reproduits en grands sur les hauts et austères murs de la chapelle.

Au centre du bâtiment, un film présente la biographie happante de Charcot.

Enfin, de l’autre côté, des artistes contemporains se sont laissés inspirés par celui qui a soufflé au spécialiste de l’esthétique Georges Didi-Huberman son opus majeur sur la photo : Invention de l’hystérie (1982).

On retrouve aussi bien des œuvres d’art brut (faites par des patients « grands » ou enfants), que des œuvres de médecins ou des photos d’artistes comme la magnifique série de photos de Dorris Haron Kasco Les fous d’Abidjan.

Surtout, dans une chapelle à part et plongée dans la pénombre, il est enfin possible de voir in situ dans le lieu même pour lequel elle a été pensée l’installation Les extases, du papa du street art Ernest Pignon Ernest. On y voit, une version réunion poignante et dérangeante des grandes figures féminines et chrétiennes de l’extase : Madame Guyon, Hildegarde de Bingen, Catherine de Sienne, Louise du Néant, Angèle de Foligno, Marie de l’incarnation, Thérèse d’Avila et Marie-Madeleine. Avec cette dernière œuvre, la chapelle de la Salpêtrière renoue avec ses plus grandes expositions (Nan Golding, Christian Boltanski…).

A noter : le samedi 14 juin, à 16h, la revue Art Absolument organise une rencontre autour de l’exposition avec Catherine Bouchara, Daniel Cohen et Ernest Pignon Ernest.

Photos © Yaël Hirsch

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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