Expos

Daniel Hourdé : sémiotiques du sacré, sculptures contemporaines et Salut ?

Daniel Hourdé : sémiotiques du sacré, sculptures contemporaines et Salut ?

30 juillet 2019 | PAR Nicolas Chaplain

L’artiste dessinateur et sculpteur Daniel Hourdé présentait sa Passerelle enchantée sur le Pont des Arts en 2016. Cette fois, il installe dans la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière une exposition intitulée Si près du Paradis composée d’œuvres prégnantes qui questionnent les notions de vanité et engendrent ainsi la compassion.

Il y a une rudesse et une crudité apparentes dans les œuvres de Daniel Hourdé et pourtant celles-ci sont aussi empreintes de sensibilité, de foi. Si elles sont impressionnantes, elles ne sont jamais grandiloquentes. Les matériaux que l’artiste emploie sont solides et lourds mais ils témoignent de la fragilité humaine. La taille et la force de l’installation conçue dans le chœur de la chapelle sous la coupole mais aussi celles des sculptures invitent à la méditation, à l’humilité et à l’introspection.

Daniel Hourdé joue avec les codes des représentations et motifs traditionnels chrétiens qu’il revisite et retraduit. L’artiste propose ainsi une vision du jugement dernier à travers une sculpture monumentale de presque 20 mètres de hauteur composée de silhouettes humaines absorbées dans un cyclone, autant d’âmes flottantes entre les flammes de l’enfer et la lumière divine dont une partie seulement parviendra à s’élever et accéder au paradis. Ces corps nus et maigres si caractéristiques du sculpteur sont des dessins au fusain imprimés sur des plaques de métal brillant, argenté ou orange. On contemple une couronne d’épines bleue métallique en deux dimensions suspendue. Les sculptures figurent un Christ dévêtu et émacié en acier doré se relevant et offrant sa couronne, une autre figure noire aux mains longues et fines implorantes, portant sa croix.

Une barque en bronze accostée dans la nef nous retient. Est-ce l’arche de Noé ? Celle de Charon ? Ou bien le vestige d’une embarcation des naufragés contemporains ? Élégiaques et impétueuses, les sculptures de Daniel Hourdé interpellent et dialoguent sans complexe avec le cadre qui les accueille.

Photo : David Atlan

L’agenda classique et lyrique de la semaine du 30 juillet
L’agenda des sorties cinéma de la semaine du 31 juillet 2019
Nicolas Chaplain

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *