Expos
Chantal Colleu-Dumond : « Nous éprouvons plus que jamais la nécessité de célébrer le patrimoine vert »

Chantal Colleu-Dumond : « Nous éprouvons plus que jamais la nécessité de célébrer le patrimoine vert »

07 septembre 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Chantal Colleu-Dumond est aujourd’hui la directrice du merveilleux domaine de Chaumont-sur-Loire. Elle nous raconte comment les jardins ont traversé la Covid et nous parle de l’actualité automnale.

Le domaine ouvre la saison automnale avec deux événements, les Botaniques de Chaumont-sur-Loire et « Quand fleurir est un art… ». Comment avez vous imaginé ces deux temps dans le contexte actuel ? Je veux dire, est ce que l’idée d’épidémie est présente dans la programmation ?

Ces rendez-vous avec l’excellence végétale reviennent l’un et l’autre pour leur deuxième édition. Ils répondent à des lignes directrices de l’action du Domaine : la défense de la biodiversité et de l’art lié à la nature sous toutes ses formes, ainsi qu’à des préoccupations actuelles qui existaient bien avant l’apparition de l’épidémie : le besoin de végétal, le retour à ce qui est naturel et l’exigence de qualité. Notre projet se trouve simplement renforcé par la crise sanitaire. Nous éprouvons plus que jamais la nécessité de célébrer le patrimoine vert et de soutenir la filière horticole dont le rôle est essentiel.
Les samedi 19 et dimanche 20 septembre, Les Botaniques de Chaumont-sur-Loire réuniront ainsi 30 pépiniéristes producteurs et proposeront des rencontres autour de la botanique et des collections végétales spécialisées d’importance nationale, avec exposition et vente de plantes rares qui embelliront les jardins de notre public.
De son côté, l’événement « Quand fleurir est un art… » sublimera le château et permettra cinq jours d’émerveillement floral autour de compositions contemporaines, spectaculaires et poétiques de grands créateurs.

La Covid a-t-elle eu des conséquences sur les plantes et les jardins ?

La nature a ses exigences. Les végétaux doivent être plantés à la bonne saison pour s’épanouir pleinement. Notre difficulté a été de maintenir ce processus pendant le confinement et de continuer à construire les jardins, alors que leurs concepteurs ne pouvaient malheureusement pas se déplacer aussi facilement que d’habitude. Cela a pesé sur notre organisation, mais grâce à la mobilisation de nos équipes et à un jeu de roulements, et grâce aussi à des entreprises appelées en renfort, les plantes ont pu s’enraciner à temps et les jardins exister, ce qui fut une gageure. Aujourd’hui, les visiteurs nous disent ne pas percevoir de différence. Le Festival et ses jardins sont aussi étonnants que les années précédentes.

Alors, les Botaniques, ce n’est pas uniquement une exposition, racontez-moi la diversité de ces deux journées.

Les Botaniques de Chaumont-sur-Loire résultent d’un partenariat entre le Domaine et l’association Plantes et Cultures, qui fédère des pépiniéristes producteurs autour de la promotion de la diversité végétale, la transmission des savoir-faire et la valorisation du travail de pépiniériste producteur et collectionneur.
30 pépiniéristes exposeront dans un espace dédié à l’événement, l’allée des Ormeaux, que le prince et la princesse de Broglie, derniers propriétaires privés du château de Chaumont-sur-Loire, empruntaient régulièrement à cheval pour aller chasser.
C’est un week-end de rencontres et d’échanges, avec également des conférences organisées avec la revue Garden_Lab de 15h à 16h. Le samedi, les intervenants évoqueront la question de la sécheresse et du changement climatique, et de la nécessaire adaptation des jardins. Le lendemain, il nous sera démontré que « le bonheur des plantes est sous nos pieds », avec les micorhyzes !

Un peu plus tard, « Quand fleurir est un art… », du 9 au 13 octobre renoue une nouvelle fois avec une tradition, laquelle ?

Le prince et la princesse Henri-Amédée de Broglie, propriétaires du château de 1875 à 1938, étaient de véritables amateurs de plantes et entretenaient des collections d’orchidées, de plantes vertes exotiques et de plantes fleuries, qui leur valurent de nombreuses médailles et récompenses dans les concours horticoles français de la fin du XIXème et du début du XXème siècle.
Il est important, pour le Domaine de Chaumont-sur-Loire, de faire revivre cette époque et de permettre aux artistes et aux fleuristes de haut niveau d’aujourd’hui de mettre leur savoir-faire et leur créativité au service d’un savoir-vivre exceptionnel, associant l’art et la nature.
Dans les salles du Château mises à leur disposition, les designers floraux donneront libre cours à leur créativité pour réaliser des installations florales contemporaines, tout en respectant l’esprit des lieux.

Enfin, entre ces deux temps, est-ce que le Domaine est ouvert et si oui, que peut on y voir ?

Le Domaine est ouvert toute l’année, 363 jours par an ! Nous ne fermons que les jours de Noël et de Nouvel An. Il sera donc toujours temps de (re)découvrir le Festival des Jardins et la Saison d’Art jusqu’au 1er novembre. D’un côté, 30 nouveaux jardins créés autour du thème des « Jardins de la Terre – Retour à la Terre Mère », et de l’autre, 14 artistes contemporains, de Giuseppe Penone au peintre Philippe Cognée, en passant par les installations poétiques de Joël Andrianomearisoa, les étonnantes bibliothèques de Pascal Convert et Makoto Azuma, les herbiers de Marinette Cueco et les univers blancs et aériens d’Isa Barbier et Léa Barbazanges…

 

Informations et réservations

Visuels :  © Eric Sander

 

( Article partenaire)

Deauville 2020, catégorie première : « Les Deux Alfred », Sandrine Kiberlain et les frères Podalydès réunis dans une fable poétique et doucement cynique sur le monde managérial
Héla Fattoumi, Éric Lamoureux nous parlent de leur prochaine création, aux Zebrures : Akzak :
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *