Arts
Exposition-Vente Ronan-Jim Sevellec

Exposition-Vente Ronan-Jim Sevellec

18 novembre 2011 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

Voici une exposition qui va vous mettre en boîte à tous les sens du terme. C’est l’une des plus belles, des plus atypiques et des plu remarquables que nous ayons vu cette année. L’artiste crée son monde imaginaire dans  des rectangles. Il les transforme en intérieur de maison, d’appartement, de bureau, de boutique, de hammam…Ces somptueux décors miniatures dans lesquels aucun détail ne manque pour crier au chef d’œuvre sont même éclairés par de petites lumières.

Ronan-Jim Sevellec, le français inventeur de ces géniales maisons de poupée pour adultes, crée des boîtes depuis une dizaine d’années maintenant. Tout son art est de suggérer la présence humaine sans la faire figurer. L’unique lumière qui éclaire chacune de ses boîtes, venant soit du plafond soit de derrière des vitres, teinte d’un éclairage vieillot chaque lieu représenté. Ils paraissent tous anciens, voir même antédiluviens. La première boîte qui ouvre cette exposition «Hôtel du parc, Chambre 18 » fait penser au décor d’une chambre d’hôtel dans le film La mariée était en noir de Truffaut, chambre dans laquelle le personnage incarné par Jeanne Moreau réalise une partie de sa vengeance. Si les carrelages anciens qui sont présents dans chaque composition donnent un charme kitsch à l’ensemble, la présence suggérée de cadavres dans la boîte « La resserre aux accessoires », les urinoirs dans une autre boîte et les quartiers de viande ainsi que les torchons tachés de sang dans une troisième donnent une dimension sordide et inquiétante à la plupart de ces œuvres. Nous sommes dans une fascination presque morbide vis-à-vis de ces étranges boîtes qui semblent immortaliser tout à la fois nos fantasmes et nos inquiétudes, c’est une crainte légitime de tout être humain de se retrouver parqué en cage. Nous sommes donc ici dans une sorte de zoo humain. A travers les vitres qui nous séparent de ces œuvres d’art, nous ne voyons que le reflet de nous-mêmes, de notre monde et nous sommes fascinés tant par son humanité que par sa dépravation, tant par son charme que par sa décrépitude. Pour chaque écrin, l’artiste fait preuve de la patience la plus rigoureuse à tous les instants, d’une minutie extraordinaire et d’un travail de recherche de chineur qui mérite toute notre admiration.

Une exposition fascinante où la surabondance de petits détails fait que nous pouvons passer une éternité à contempler chaque boîte. Un artiste majeur de la création contemporaine dans une des plus belles et originales galeries de Paris où vous pourrez entre autre faire un petit tour de balançoire entre intérieur et extérieur. Un évènement unique qui, une fois vu, ne peut être oublié de sitôt.

Outre cette exposition qui présente quelques superbes créations, la galerie Antonine Catzéflis organise un parcours urbain pour découvrir les boîtes de Ron-Jim Sevellec : au Musée de la Halle Saint-Pierre du 15 septembre 2011 au 4 mars 2012,  à la Galerie Documents du 8 novembre 2011 au 7 janvier 2012, Le Schmuck du 8 novembre 2011 au 7 janvier 2012, chez Colette du 5 décembre 2011 au 7 janvier 2012 et à la galerie Basia Embiricos du 5 au 27 janvier 2012.

Festival Africolor, migrons vers la Seine-Saint-Denis
Courts-circuits : François Verret en panne de talent
Sandrine et Igor Weislinger

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *