Design

Les théières brutalistes de Frédérick Gautier investissent la Péniche Le Corbusier

Les théières brutalistes de Frédérick Gautier investissent la Péniche Le Corbusier

26 mai 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Corbu est à Paris. Fasciste, brutal, rigoriste. Tout a été écrit sur lui et le sera encore. Reste la fascination envers celui qui a construit la mythique Cité Radieuse avec comme seule mesure un homme, Le Modulor. Quand un artiste décide de relire le mythe, cela donne «OP Tx100», une performance de Frederick Gautier, folle à l’image de l’œuvre du Corbusier.

Il faut d’abord le savoir : en face de la Gare d’Austerlitz est amarrée une péniche en béton. Telle était sa fonction avant, faire du béton sur la seine. Mais avant quoi ? Avant de rester à quai pour devenir un lieu de l’Armée du Salut. C’est en 1929 que Le Corbusier aménage cette espèce d’usine désaffectée pour en faire un refuge de nuit, qui sera actif jusqu’en 1994.

Actuellement le lieu est classé Monument historique. En pleine réhabilitation, (il devrait retrouver son toit terrasse), la Péniche ouvrira au public en 2016. Mais avant cela, et à l’occasion de la semaine du design, les D Day’s, Frederick Gautier est en train de créer in situ 100 théières en béton dans une résonance totale avec le lieu.

De loin, ces objets qui seront en vente chez Marcel By ont l’air lourds et arides. En les soulevant, on les découvre légers et doux. Frederick Gautier est un personnage surprenant qui fut notamment élève de l’École nationale supérieure du paysage de Versailles. Il a osé lors d’un “Royal Splash” traverser au petit matin le Grand canal à la nage. L’acte devint un temps fort du festival Plastique Danse Flore mais fut peu apprécié du service d’ordre. L’homme ose et expérimente. Alors, se prêter au jeu de la répétition dans, en apparence, une obsession de ressemblance, cela semble évident.
Mais à y regarder de près, on se trompe. Aucune théière ne ressemble à une autre. Elles portent ici la trace d’un tissu, là celle d’un couperet. Unique comme l’idée folle d’une péniche refuge au toit jardin.

Entre la poterie et le béton il y a cette idée d’un artisanat mécanique, quasiment archaïque. La découverte que le béton peut être léger au point de flotter et être le support à une cérémonie du thé. La ligne se décline, en tasses, assiettes, reposes théières… le tout dans des courbes radicales.

A expérimenter et à voir absolument.

A découvrir pendant les D’DAYS, du 1er du 7 juin :
Péniche Louise Catherine.
50 Quai d’Austerlitz.
75013 Paris. Ma-Me-J-V-S: 12h-20h Dim: 13h-18h.

Visuels : ABN

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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