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Vague de protestations des femmes en Iran

20 septembre 2022 | PAR Julie Viers

Suite au décès de Masha Amini après son arrestation par la police des moeurs en Iran, les femmes protestent dans tout le pays. 

 

Masha Amini, l’emblème de la révolte

Ce vendredi 16 septembre 2022, Macha Amini, une jeune iranienne de 22 ans est décédée suite à son arrestation par la police des moeurs à Téhéran. Le motif ? Ne pas porter correctement son voile. 

« Tous les jours des jeunes femmes se font arrêter et maltraiter pour des histoires de tenue, mais là, c’est allé jusqu’au meurtre » dit Fariba Hachtroudi, écrivaine iranienne

La mort de Masha Amini a fait scandale et les femmes s’en sont emparées comme un symbole de leur révolte. Née au Kurdistan, le 13 septembre dernier elle visitait la capitale avec sa famille quand elle a été interpelée par la police des moeurs. Suite à cela elle a passé trois jours dans le coma à l’hôpital de Kasra où elle est décédée. Tout de suite, des femmes se sont rassemblées à Téhéran et à Saghez, sa ville natale. Elles ont enlevé leur foulard, une manière symbolique de protester. 

Les réseaux sociaux comme lieu de révolte

Depuis les printemps arabes les réseaux sociaux sont devenus un lieu de révolte. Aujourd’hui, de nombreuses femmes iraniennes se filment en train de se couper les cheveux et de brûler leur hijâb. Elles dénoncent la condition des femmes et l’oppression du régime en place. Ciseaux à la main, elles coupent leurs cheveux en direct. En Iran, c’est un acte symbolique très courageux car  montrer ses cheveux dans la rue quand on est une femme est interdit. En effet, la révolution islamique de 1979 a instauré un code vestimentaire . Parmi les règles à suivre les femmes doivent notamment porter le foulard dans l’espace public. Pour vérifier cette loi il y a la police des moeurs. Mais celle-ci est jugée trop violente lors de leurs interventions vis-à-vis des femmes. 

Une révolte de plus ou un vrai changement ? 

Cela fait des années que les femmes iraniennes contestent le régime politique établit. Il y a déjà eu plusieurs grandes périodes de manifestations mais cela n’a pas fait évoluer la situation. Dès 2017 des femmes se montraient dans la rue avec leur hijâb au bout d’un bâton. En 2018 mais également ce 12 juillet 2022. En effet, lors de la journée nationale du hijâb et de la chasteté des militantes féministes ont incités leur concitoyennes à se montrer sans foulard dans la rue. Ces révoltes n’avaient eu que peu d’impact.

Mais Mariam Pirzadeh, journaliste à France 24, « pense que nous sommes à l’aube d’un mouvement comme celui que nous avons connu en 2017 et en 2019. Je vois autour de moi beaucoup de colère après la mort de Mahsa Amini. Elle est en train de devenir un symbole. Le symbole de l’oppression. Le symbole du « ça-suffit », ça fait 41 ans qu’on nous dit comment on doit s’habiller. ». Espérons que cette révolte fera bouger les lignes en Iran pour que les femmes obtiennent plus de liberté. 

 

Visuel : 

©Jeanne Menjoulet ; Téhéran Bus (Iran), Women entrance at the back, men entrance at the front – Creative Commons
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Julie Viers

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