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[Tour de Web] Kenya

[Tour de Web] Kenya

11 avril 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

« L’horrible massacre, le 2 avril, à l’université de Garissa, située dans l’ouest du Kenya (148 morts et 79 blessés) et à 140 km de la Somalie, revendiqué par les islamistes somaliens d’Al-Chabab et réalisé par un groupe de leurs partisans kényans et tanzaniens, n’a pas immédiatement suscité une réprobation internationale de même ampleur que celle engendrée par les attentats, à Paris, en janvier, l’enlèvement des lycéennes par Boko Haram au Nigeria voire même la prise d’otage au centre commercial Westgate, à Nairobi en septembre 2013. Une certaine dose d’accoutumance coupable à ce type d’agression, assortie de l’éloignement du lieu de l’action a sans doute mis un peu l’éteignoir sur les réactions et l’empathie qu’aurait dû provoquer ce drame » Ce chapô est issu d’un article publié dans Le Monde du 9 avril  (lire l’article). Qu’en est-il aujourd’hui, 10 jours après le drame. Comment la communauté internationale manifeste-t-elle son soutien, tour de web très centré sur Twitter où autour des deux Hasthag #147isnotjustanumber. et #Kenya les réactions se font enfin entendre 

Alerter sur l’indifférence

« Attaque Garissa – Claudy Siar réagit : « Je suis kényan, et vous ? »@Africa Live retweetait vendredi la vidéo du producteur diffusée sur Le Point Afrique. L’objet est de signaler l’idée connue de l’indifférence quand le drame est lointain.

Claudy Siar – « Je suis Kenyan » : « Il ne peut… par LePoint.
Nombreux sont les twittos qui se rassemblent autour du double Hashtag #jeSuisKenyan #jeSuisCharlie tout en posant la question :Tuerie de Garissa : deux poids, deux mesures ? Car, répond Liberation, rien de tel ne s’est reproduit après le massacre de l’université de Garissa, à l’est du Kenya, le 2 avril. Malgré l’ampleur du carnage (148 morts) et l’extrême violence de cette tuerie, il n’y aura pas à Garissa de marche des chefs d’Etats de la planète. Lesquels se sont révélés plutôt laconiques voire carrément silencieux face au pire massacre imputé au terrorisme cette année. M6 info pointe la prise de conscience générée par les réseaux sociaux : « Après l’attaque de l’université de Garissa par des jihadistes somaliens qui a fait 148 morts jeudi 2 avril, les internautes utilisent la hashtag #JeSuisKenyan pour dénoncer l’indifférence de la communauté internationale. L’article est illustré par des captures d’écran éloquentes comme celle-ci : »Parmi les internautes, l’écrivain Alain Mabanckou dénonce le peu de réactions après l’attentat au Kenya. »
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Le résultat est là, les informations commencent à se faire entendre.

Informer 

Le Figaro donne à lire le témoignage de Cynthia, 19 ans, cachée dans un placard pendant que les islamistes tuaient.

Le Hastag simple, « #Kenya » permet d’accéder au récit concernant les familles des victimes. Dans un reportage photo signé Reuters pour Paris Match on peut voir la  » terrible étape pour les familles des victimes. La plus difficile. Dire adieu ».

On commence alors à mettre des visages sur les morts. Beaucoup de visages. Claude Bartelone, l’actuel président de l’Assemblée Nationale, poste sur son fil un lien brut qui amène à son blog. Il cite les premiers noms connus : « Elizabeth Nyangarora, Solomon Oludo, Dadly Mose, Mary Muchiri Shee, Isaac Kosgey, Lydia Melody Obondi, Erick Ondari Nyabuto, Ruth Esiromo, Doreen Gakii, Tonie Wangu, Jeff Macharia, Tobias. »

Épauler

Une fois qu’ont été vus les cercueils et les larmes des proches, la prise de conscience est faite, tardive. La ministre de l’Education Nationale,
Najat Vallaud Belkacem tweete: « Notre solidarité en faveur des étudiants et de l’université de #Garissa au #Kenya ». Elle aussi renvoie vers son blog …Sa démarche est si légère qu’elle ferait sourire si la situation n’était pas si grave : »J’appelle donc les étudiants de France à témoigner de leur solidarité avec leurs camarades kényans. J’ai demandé au réseau des CROUS de mettre une place des cahiers de doléances en ligne, accessibles à cette adresse http://etudiantssolidairesdegarissa.tumblr.com/ pour que chacun puisse exprimer sa solidarité dans ce moment tragique. Ces messages seront ensuite transmis aux autorités kényanes et aux étudiants de Garissa. Le silence et l’indifférence face à cette tragédie choquent, légitimement, je souhaite un sursaut des consciences ».
Les caricaturistes eux font le job. Les dessins affluent. Gilles Klein tweete : « Casses une statue toute la planète réagit massacres 147 étudiants et tout le monde s’en fout (Dilem, Algérie) #Kenya « 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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