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Sempé, le célèbre dessinateur français est décédé

12 août 2022 | PAR Rachel Rudloff

C’est son épouse qui l’a annoncé au monde hier soir dans un communiqué à l’AFP : Jean-Jacques Sempé, dit Sempé est décédé ce jeudi 11 août à 89 ans. Il était entre autre le dessinateur du Petit Nicolas, de René Goscinny. La nouvelle a fait couler un vent de tristesse.

Une rencontre décisive

En arrivant sur Paris (1954), Sempé rencontre rapidement Goscinny dans le journal belge pour lequel ils travaillent, et il est complètement fasciné. C’est le coup de foudre amical « C’était mon premier ami parisien, autant dire mon premier ami« . Ensemble, ils créent la bande dessinée pour enfant, Le Petit Nicolas, emblématique de la jeunesse des années 60, qui continue d’avoir du succès encore aujourd’hui. « Le Petit Nicolas, c’est d’abord une histoire d’amitié. Il ne l’aurait jamais fait sans moi, mais le plus important, c’est que moi je ne l’aurais jamais fait sans lui. Nous étions de vrais complices. »

Celui qui a été livreur a vélo -comme son père adoptif- dans sa ville de naissance (Bordeaux) avant d’être dessinateur avait développé dans ses esquisses une jolie satire : Sempé ne se contentait pas d’illustrer, mais savait aussi être critique, drôle, mordant, avec des archétypes si justes qu’on n’y résiste pas. Monsieur Lambert, Saint-Tropez… En publiant chez Denoël après son succès avec Goscinny pour Le Petit Nicolas, son style si particulier se faire connaître dans le monde entier.

En plus de ces albums, ses dessins sont publiés dans les journaux. Déjà en 1950, alors qu’il n’a pas encore rejoint la capitale, dans « Sud-Ouest Dimanche », mais aussi de 1965 à 1980 il navigue entre « L’express », « Le Figaro », « Le Nouvel Observateur » ou encore « Télérama ». En 1978, c’est la consécration, il dessine sa première couverture pour le New Yorker.

Sa sensible manière de dire la société et l’humanité est révélée à travers les détails au monde entier : un homme à l’écart, dans sa bulle à côté d’une foule parisienne, une piétonne légère tout en contraste avec la ville bouchonnée… Sempé touche ainsi son public par son regard doux sur tout ce qui l’entoure, et particulièrement sur Paris, où il arrive à révéler une poésie et une délicatesse à tous ceux qui ne les verrait pas.

L’amoureux de Paris

Après une enfance difficile (une mère violente, contre lui, contre son père « C’était toujours des des bagarres, toujours de dettes, toujours des déménagements en vitesse), il découvre rapidement le dessin, qui lui permet de s’échapper mais aussi de pallier ses problèmes de lectures.

Engagé dans l’armée, il est affecté à 20 ans en région parisienne. Il découvre Paris et s’émerveille devant tout « Quand je suis arrivé à Paris, j’ai trouvé les Parisiens très gais. Je venais de Bordeaux où les gens n’étaient pas naturellement souriants. J’ai été tout de suite enchanté par le métro, les autobus, la fièvre de la ville. Et surtout j’ai fait beaucoup de vélo. Pendant trente ans, je suis allé partout à bicyclette.»

Après sa rencontre avec Goscinny, il s’installe dans le 14e arrondissement et se fond aussi dans le « tout-Paris » de l’époque : au Café de Fore ou au Lipp, il fréquente Jacques Tati, Jacques Prévert, Anémone, Brigitte Bardot, Brigitte Fontaine… La ville de Paris lui a d’ailleurs rendu en lui offrant une rétrospective à l’Hôtel de Ville en 2011.

Visuel : signature de Sempé, wikicommons.

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Rachel Rudloff

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