Danse
Perpetuum mobile du côté de Bruxelles

Perpetuum mobile du côté de Bruxelles

12 août 2022 | PAR Nicolas Villodre

Du 12 au 28 août 2022 se déroule au Centre Bruegel de Bruxelles un festival de danse qui a attiré notre attention en cette période de disette gestuelle à Paris. La manifestation biennale a été rêvée et réalisée par un trio féminin : Fanny Wattier, Maya Balam Meyong et Marie-Laure Lesage. Cette dernière nous a accordé un entretien dont nous restituons ici l’essentiel.

L’origine du perpétuum

Le festival est né fin 2017 et sa première édition a eu lieu en août 2018. Il a été cofondé et organisé avec deux autres amies, Maya Balam Meyong qui est, comme moi, danseuse et Fanny Wattier, architecte de formation. Maya et Fanny se sont connues à l’école secondaire. J’ai rencontré Maya lors d’une audition à Bruxelles. Nous avons sympathisé et, l’année qui a suivi, je me suis installée dans leur coloc. Nous avons dansé ensemble, créé ensemble et, à l’initiative de Maya, nous avons organisé un événement permettant de rassembler des spectacles de danse, des cours, des performances, des concerts, une exposition.

Suite à un premier workshop en novembre 2017, nous avons parlé du projet dans le tram de retour et aussitôt commencé à rédiger les dossiers pour trouver un lieu et des subsides, inviter des écoles de danse et des artistes. Nous avons eu la chance inouïe de trouver le centre culturel Bruegel, aux Marolles, au cœur de Bruxelles, un endroit rêvé pour donner vie au festival, avec un parvis très grand, un espace d’expositions au rez-de-chaussée, un studio au premier étage et une salle de spectacles au troisième. Le reste de l’année, avec notre association, The Dancing Society, nous proposons aussi des cours de danse et nous créons. En été, à Bruxelles, il y a surtout des festivals de musique. Nous sommes, avec le Festival international des Brigittines, un des rares événements consacrés à la danse.

De Dakar à Bruxelles

Je suis née à Dakar, j’ai grandi là-bas jusqu’à mes treize ans. J’y ai commencé la danse avec Andrée Lorenzetti, une danseuse marseillaise qui s’était installée au Sénégal où elle avait ouvert une école de danse classique, qui n’était pas liée à celle de Germaine Acogny. Je l’ai revue dernièrement et je crois qu’elle a pris sa retraite et vendu son école. Mon père est belge, ma mère, d’origine congolaise. À un moment donné, nous nous sommes fixés en Belgique. J’ai fait mes études à l’université. J’ai voulu danser professionnellement mais je me suis blessée. Je me suis installée à Bruxelles où j’ai fait la connaissance de Maya.

Pour ce qui est de la répartition des tâches au sein de notre association, Maya s’occupe essentiellement de la programmation du festival et des contacts avec les artistes. Je suis plus en charge de l’administratif et de la communication. Avec Maya, je m’occupe donc des questions de subventions et de sponsors et, avec Fanny, de celles de la logistique, des bénévoles, du planning, de la comptabilité. Cela reste tout de même très collectif. Il y a toujours des allers-retours entre nos différents rôles et nous nous concertons constamment.

Danse et cinédanse

Le rythme biennal nous a permis de produire cette année un film, Du battement des jours, coréalisé par Maya Balma Meyong et Jeroen Ceulebrouck, court métrage qui est montré le 24 août dans le cadre d’une soirée « ciné danse ». Maya apparaît au début du film, moi j’incarne un personnage ambigu peint en bleu et deux autres danseuses y interviennent : Apolline Di Fazio, dans la scène du supermarché, et Romane Petit, dans la séquence du dîner. Seront également projetés To Whom It May Concern, du Kollektiv 52°07 et Bowie Verschuuren, The Beginning of… de Vitùc, avec Deborah Lotti et IuSui de Maria Salgado Llopis, avec Berenice Aleth.

Pour ce qui est de la danse, la plupart des artistes invités ont une formation très éclectique. Ce que nous proposons, que ce soit dans nos stages ou notre programmation, nous ne le retrouvons pas tant que cela aujourd’hui en Belgique, c’est la danse « moderne », celle issue des techniques américaines de Lester Horton et de Martha Graham [ce que montre d’ailleurs le dessin de l’affiche du festival, N.D.L.R.]. Il y a également de la danse contemporaine, des expressions inspirées de la technique Gaga d’Ohad Naharin et des enseignements de l’université Codarts de Rotterdam.

Visuel : Fanny Wattier, Maya Balam Meyong et Marie-Laure Lesage © Perpetuum mobile.

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Nicolas Villodre

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