Politique culturelle
Un Centre national de la musique pour l’année prochaine?

Un Centre national de la musique pour l’année prochaine?

06 octobre 2011 | PAR Clement Fraioli

Le vendredi 30 septembre a été remis un rapport, commandé par Frédéric Mitterrand, ministre de la culture et de la communication, et intitulé « Création et diversité musicale à l’ère du numérique ». Au cœur de ce rapport, le projet de création d’un Centre national de la musique (CNM), à l’image du Centre national du cinéma (CNC) déjà existant.

Le rapport est le résultat d’une mission, la « mission Riester-Selles », composée de Franck Riester, député-maire UMP de Seine-et-marne et membre du collège Hadopi, du chanteur Alain Chamfort, de Daniel Colling, directeur du Zénith de Paris et du Printemps de Bourges, de Marc Thonon, directeur du label Atmosphérique et président de la Société civile des producteurs de phonogrammes en France (SPPF), et de Didier Selles, magistrat à la cour des comptes, ces derniers ayant répondu positivement à l’ouverture d’un CNM. Cet établissement public englobera les spectacles vivants et la musique enregistrée, fédérant également toutes les activités professionnelles liées à la musique. Le CNM aura notamment pour but de coordonner et de financer les aides à la productions de disques et de concerts.

Cette initiative de la part de l’État répond à la situation difficile dans laquelle se trouve l’industrie musicale française, et mondiale. En effet, entre 2002 et 2010, on assiste à une baisse de moitié des ventes de musique enregistrée; de son côté, si le spectacle vivant présente, lui, une croissance de 60%, ce n’est pas révélateur puisque le chiffre est gonflé par les très grosses productions. Le rapport souligne aussi le fait que « le téléchargement est dominé par un acteur étranger (iTunes), avec lequel l’offre française, handicapée par l’étroitesse de son marché et une fiscalité désavantageuse, peine à rivaliser ».

Ainsi, la création d’un CNM permettra d’accroître les aides financières accordées à la filière musicale. Par exemple, la « consommation de musique », c’est à dire le téléchargement légal, a représenté en 2010 une dépense totale de 1,5 milliard d’euros, et n’a bénéficié que de 80 millions euros d’aides. Le rapport Riester-Selles compare ce chiffre à celui de l’industrie du cinéma, qui a perçu 297 millions d’euros d’aides pour une « consommation finale de 234 milliards d’euros. Le ratio aides/consommation est donc de 5% dans la musique, contre 13% dans le cinéma. » Le futur CNM serait donc doté d’un budget de 145 millions d’euros, ce qui représente une augmentation de 95 millions d’euros par rapport au budget actuel. De plus, le Centre serait dirigé par un président nommé par l’État, et rassemblerait en son sein les différents centres de ressources, de structures d’aides aux jeunes talents, de structures chargées de l’exportation, etc…

Cette décision marque la prise de conscience par l’État de la nécessité de son implication dans le développement et la promotion de la musique populaire, comme c’est déjà le cas dans les autres secteurs culturels. Pressé de concrétiser ce projet, Nicolas Sarkozy a déjeuné lundi dernier avec des représentants de la filière musicale, leur annonçant que la mission de préfiguration, sorte d’acte de naissance du CNM, serait lancée fin octobre, le CNM en lui même pouvant voir le jour dès le printemps prochain.

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