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Le TAP perd 100.000€

Le TAP perd 100.000€

15 mai 2020 | PAR LouisChiffoleau

Le Théâtre Auditorium de Poitiers, qui accueille trois formations musicales associées : l’Orchestre de Chambre de Nouvelle-Aquitaine, l’Orchestre des Champs-Élysées et l’Ensemble Ars Nova, qui y jouent et y répètent chaque saison, vient d’apprendre que le Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine s’apprête à diminuer sa subvention de 100 000 euros pour l’année 2020.

Le TAP et la mauvaise surprise

Jérôme Lecardeur, directeur du Théâtre auditorium de Poitiers (Tap) est abasourdi par la nouvelle. Selon lui, directeur de la Scène nationale de Poitiers, la perte représente un mois et demi de programmation.

« À titre représentatif, explique par communiqué Jérôme Lecardeur, 100.000 € dans notre budget, c’est un mois et demi de programmation – qui s’étale sur neuf mois », soit à peu près 20 % de la programmation annuelle menacée, et pas seulement sur la saison en cours (2019-2020) mais surtout pour la suivante (2020-2021). « Il faut savoir que nous avions déjà programmé un nombre important de spectacles en tenant compte de l’ensemble de la subvention », ajoute le directeur du Tap. 100.000 €, c’est aussi « l’équivalent de 45 % des heures payées aux intermittents du spectacle qui interviennent au théâtre, et notre institution est le plus gros employeur départemental ».

Enfin, 100.000 €, « c’est 75 % de notre budget de médiation culturelle auprès des écoles, et auprès du public en situation de handicap », note ce dernier.

« Eu égard aux excellents rapports que nous entretenons avec cette importante collectivité, avec ses élu.e.s comme avec ses services, nous voulons croire à la révision de cette stupéfiante décision qui interviendrait au plus mauvais moment ! » ajoute Jérôme Lecardeur dans le communiqué de presse.

Une décision, en soit plus que surprenante

Apparemment les priorités ont dû être révisées, et les plus grandes structures culturelles comme le TAP en font moins partie désormais. La vice-présidente de la région Nouvelle-Aquitaine en charge de la culture, Nathalie Lanzi, assume la décision en courte vidéo.

Nous nous sommes demandés pourquoi cette mesure fait débat ? Nous nous sommes rapprochés de Gérard Mayen critique de danse qui faisait de la médiation culturelle pour le TAP pour « danse à corps ».

« Les élues ne se rendent pas compte, car à chaque fois que j’y allais, c’étais un moment d’épanouissement et d’ouverture. Lorsque j’ai vu Les Particules élémentaires au Festival à corps de Michel Houellebecq, mis en scène par Julien Gosselin, j’étais stupéfait. Il y avait 1400 jeunes publics dans la salle. Pour eux comme pour la ville c’était un moment de création de liens ; et découvrir, débattre, créer ça renforce une jeunesse. »

« Quand bien même il y aurait création de liens. Il y a aussi une chose que je ne trouve pas ailleurs […] je ne suis pas trop pour les grandes institutions, car j’ai souvent l’impression qu’elles ne font pas leur travail. Mais ici, le TAP, je dois le dire, fait vraiment son travail. Des personnes connues nationalement y sortent, comme Benjamin Bertrand par exemple. Il y a des productions uniques là-bas. Le TAP s’est imposé comme un élément de vie à ne pas perdre pour Poitiers. »

En ce sens, arrêter d’aider une aussi belle institution serait assumer une saignée. Ce coup de couteau dans les investissements du TAP c’est vouloir stopper la vie de sa région, stopper l’ouverture de ses jeunes et stopper l’avenir des pointures qui en sortent.

Visuel ©  Stéphane Charbeau

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