Politique culturelle

Le parlement doit adopter la création de « L’institut français »

12 juillet 2010 | PAR Coline Crance

A l’origine il n’y a pas un Institut français mais des instituts français. Il existe 145 instituts français partout dans le monde. Ils relèvent du ministère des affaires étrangères et européennes mais travaillent en étroite collaboration avec Culturefrance qui relève du ministère de la Culture et des Affaires étrangères. Le but de ces deux réseaux est le même  : il s’agit de promouvoir la coopération culturelle, intellectuelle , audiovisuelle entre professionnels, de présenter la création contemporaine française et francophone et d’offrir des cours de langues françaises à tout public : écoles primaires, lycéens, étudiants, enseignants etc …

Néanmoins ces instituts ont des statuts différents qui a une influence directe sur la fonctionnement et leur subvention. Le manque d’harmonie dans la politique économique menée par l’État rend le fonctionnement de ces instituts compliqué et pas toujours efficace. Leur fond dépend essentiellement de l’État par le biais du ministère des Affaires étrangères. Mais les instituts vivent avant tout de leur propres recettes des cours et activités qu’ils proposent, ainsi que du mécénat. Les moyens d’un institut à un autre peuvent donc varier extrêmement. En mars 2009, Bernard Kouchner a donc décidé d’entamer une réforme de ce réseau qui doit aboutir avec le vote au Parlement à la création de L’Institut français qui rassemble Culturefrance et ces instituts sous la même enseigne et sous le contrôle principal du ministère des Affaires étrangères. Cette réforme doit permettre de « renforcer la présence de la France dans le monde, et de renforcer son influence. »  Mais selon le député socialiste Rogemont le budget d’État ne coïncide pas avec l’ambition affichée. L’idée est en effet de transformer Culturefrance et ses instituts en un seul et même réseau qui aurait le statut d’un établissement public à caractère industriel et commercial, EPIC que l’on nommerait institut français et subventionné non plus par le mécénat ou l’aléatoire mais par un budget culturel important, géré par le ministère des Affaires étrangères. La présidence  de cette nouvelle institution serait tenue par l’ex-ministre UMP Xavier Darcos. Mais le budget prévu à ce sujet va vers une baisse constante  : 38% en cinq ans  ! Volonté politique et volonté économique semblent donc aller en contradiction même si l’heure est comme dirait M. Kouchner, « à la patience ».

De plus cette création de cet Institut français englobe, en plus de l’apport culturel français dans les autres, la question des droits et des mesures prises vis-à-vis des journalistes ou des humanitaires présents sur les territoires étrangers. Quel budget, quelle mesure et quels droits ont-ils? Quels sont les possibilités pour l’État d’agir et de faire au mieux respecter la législation française pour les français expatriés ? Ces questions sont brûlantes et méritent réflexion, si l’on pense notamment aux deux journalistes de France3 pris en otage, Hervé Ghesquière et  Stéphane Taponier. Un trop grand contrôle de l’État ne risque-t-il pas au contraire de réduire la liberté de mouvement, que ce soit dans la surveillance des compagnies aériennes, de voyages ou bien des journalistes ? Le problème reste entier. Mieux contrôler pour mieux servir l’intérêt et la sécurité des Français ? Différents journalistes s’inquiètent et lèvent le ton sur une réforme qui ne semble pas définitivement fixée.

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Coline Crance

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