Politique culturelle
Bloomberg cède le trône de la mairie de New-York

Bloomberg cède le trône de la mairie de New-York

04 novembre 2013 | PAR Mélanie Taverny

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Le milliardaire Michael Bloomberg déserte la mairie de New York après 12 ans de présidence d’une main de fer. Son successeur qui sera élu le 15 novembre 2013 prendra ses fonctions le 1er janvier 2014 après une dynastie instaurée par son prédécesseur de 71 ans.

Bloomberg s’est décidé et quitte la ville de New York. Ce bourreau du travail acharné et plus que déterminé donnera sa place vacante jusqu’à la dernière heure. Connu et respecté de tous, le fondateur du groupe financier du même nom a pris ses fonctions trois mois et demi après une période de crise : le 11 septembre 2001. Les sondages pour le Wall Street Journal et NBC en octobre parlent et aspirent positivement envers l’ancien maire indiquant qu’ils ne sont que 18% à dire qu’il a fait du mauvais travail. Seulement, deux tiers des électeurs new-yorkais toujours selon les sondages, aspirent à un changement de direction incarné par le démocrate de 52 ans Bill de Blasio, ancré à gauche.

Avec Bloomberg à la tête de New- York durant trois mandats, la ville s’est profondément transformée sur beaucoup de points. Adepte des statistiques, le maire a transformé la grande cité en « la plus sûre des grandes villes» américaines avec une diminution conséquente du taux de criminalité (649 crimes en 2001, 266 jusqu’à présent cette année). Le tourisme a augmenté (52 millions l’an dernier) et l’espérance de vie a gagné 2 ans et demi en 12 ans.

La politique de Bloomberg a favorisé  les espaces verts, des places avec des mobiliers urbains pour les piétons et a instauré la présence de milliers de vélos en libre-service. Ces chiffres sur la démocratisation de la ville ne masquent pas la construction de tours de luxe pour millionnaires. De ligne politique hésitante : démocrate, républicain puis indépendant, a aussi changé la loi pour pouvoir s’arroger un 3ème mandat en 2009. Bloomberg est souvent critiqué :  certains New-Yorkais lui reprochent par la même occasion son autoritarisme en termes de santé publique, notamment à travers l’adoption de mesures comme l’interdiction de fumer dans les bars et restaurants (2002); et il a aussi limité la taille des sodas individuels en prévention de l’obésité.

Une faille dans l’utopie

Bill de Blasio, le favori du camp démocrate et son principal adversaire, rebondit sur ses critiques et  dénonce les inégalités qui se creusent. La faille de l’ancien maire est donc là. Les riches s’enrichissent et à l’inverse, les pauvres s’appauvrissent. On accuse le milliardaire d’avoir gouverné pour «ces» riches aux dépens des plus pauvres. En 12 ans, il n’a pas réglé la question de la pauvreté avec un nombre record de 50.900 sans domicile fixe, dont 21.300 enfants. Le personnage atypique de Bloomberg pilote sans se cacher son hélicoptère et aime passer le week-end dans l’une de ses résidences secondaires aux Bermudes où il se rend en avion privé. Porte-parole des riches, il affirme que s’il le pouvait, il ferait venir tous les milliardaires à New-York «car c’est d’eux que viennent les revenus pour prendre soin des autres». Persuadé que «ses» riches payent les impôts et les écoles, il a récemment souligné à New York Magazine que la ville dépensait chaque année la somme conséquente de 22.000 dollars par élève, ce qui est un record aux Etats-Unis. Sur ce même plan il finit par rétorquer à ses adversaires, qu’il a créé «environ 300.000 emplois» pour les plus démunis. Pour que ses grands travaux ne paraissent pas utopiques Bloomberg a donc besoin de convaincre ses détracteurs que si les riches se sont enrichis, les pauvres en ont – au moins un peu- profité aussi.

Après s’être consacré à la mairie, Bloomberg va désormais soutenir les causes qui lui sont chères comme la lutte contre les armes à feu, l’immigration ou encore la santé publique. Cet acharné du travail  est récemment devenu président du conseil d’administration de la Serpentine Gallery, qu’il qualifie de «petit musée d’avant-garde à Londres». Il passe à tout autre chose et ne s’en cache pas.

Une relève assurée?

Bill de Blasio, son principal adversaire à l’allure de «monsieur tout le monde», incarne la famille métisse américaine. Sa femme noire américaine (Chirlane McCray) est l’un de ses atouts majeurs. Elle capte l’électorat noir américain et l’électorat homosexuel car elle a avoué avoir fréquenté des femmes dans sa jeunesse. Sa famille entière fait campagne. Leur fils Dante a été félicité par le président Barack Obama pour ses actions « anti-racisme » dans la ville (et pour sa nouvelle coupe de cheveux typique des années 70). Entièrement soutenu par le président, Bill de Blasio est l’ultime prétendant à la mairie de New York. En entière contradiction avec le précédent maire, il prévoit comme mesure phare  l’augmentation des impôts pour les «riches». Il qualifie aussi un nouveau versant rigide du pouvoir qui penche à gauche. Porté par son aura dans la presse, ce médiateur de la Ville de New-York depuis 2010  joue la carte de l’opposition à 12 ans de règne Bloomberg pour mettre toutes les chances de son côté.

Visuel : ©  photographie de Michael Bloomberg/ Forbes.

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Mélanie Taverny

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