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Xavier Douroux, cet activiste visionnaire, est mort

Xavier Douroux, cet activiste visionnaire, est mort

03 juillet 2017 | PAR Donia Ismail

Xavier Douroux, un grand nom du monde de l’art, s’en est allé. Dans la nuit du 28 au 29 juin, celui dont le nom restera dans les mémoires comme l’homme ayant attiré les foules à Dijon, est décédé a 61 ans des suites d’une longue maladie.

Une carrière vers les mathématiques s’ouvraient à lui, mais lui se tourne vers l’Art: « Je me suis inscrit à l’université assez jeune et en rupture suite au décès de mon père qui a fait que j’ai plutôt choisi la voie de l’histoire de l’art que celle des mathématiques, à laquelle j’étais davantage préparé», avait-il déclaré dans une long entretien à TLC. C’est très tôt que mûri dans sa tête l’idée de créer un espace où l’Art contemporain serait célébré dans sa ville natale, Dijon. À l’âge de 21 ans, c’est en compagnie de Franck Gautherot qu’il pose les prémisses de ce que deviendra plus tard l’un des centres d’arts les plus pointus d’Europe, le Consortium. Porté par l’intérêt général, il a consacré sa vie au développement de ce lieu qu’il décrit comme « un projet de bien commun ».

Antre de l’innovation, le Consortium a rapidement fait l’unanimité chez les fins connaisseurs d’Art: « Le Consortium de Dijon était une initiative hors norme, inédite, collaborative avant l’heure. Elle fut déterminante pour la scène artistique française de ces trente dernières années. » a déclaré Serge Lasvignes, président du Centre Pompidou.

Un passeur au nez creux

Xavier Douroux est avant tout un mordu d’Art contemporain, et il le rendait bien. Avant gardiste au nez creux, il flairait à des kilomètres les jeunes débutants qui sont devenus des artistes confirmés que tous cherchaient à afficher, « Activiste visionnaire, Xavier Douroux a été l’un des grands «passeurs» de notre époque et le modélisateur d’une nouvelle relation à l’art et aux artistes » a déclaré Bernard Blistène, Directeur du musée national d’art moderne.
Ainsi, ses murs seront les premiers à recevoir des oeuvres d’art de Bertrand Lavier, Christian Boltanski et John Armleder alors que leurs noms n’étaient connus de personnes. Et c’est ça qui ferra sa renommée: il savait qui allait avoir du succès.

Passionné dans tout ce qu’il entreprend, il ouvre une maison d’édition Presses du Réel dans les années 80, comprenant le manque de plateforme de certaines formes d’Art. Touche à tout, il se lance dans l’aventure cinématographique Anna Sanders Films aux côtés d’artistes, Pierre Huyghe, Philippe Parreno, Charles de Meaux, et Dominique Gonzalez-Foerster. Mais que ce soit, à travers les Arts plastiques ou les livres, il participait activement à le re-définition des relations entre art et société, artistes et mécènes, en leur redonnant un second souffle.

Visuel : © Le Consortium de Dijon

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Donia Ismail

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