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Radio Nova, le big bang?

Radio Nova, le big bang?

30 octobre 2014 | PAR Megane Mahieu

La station Radio Nova cherche de nouveaux investisseurs qui ne trahiraient pas son esprit, son ton, et sa programmation singulière.

Décidément, les (bonnes) stations de radio seraient quelque peu dans les méandres aujourd’hui. Après le cri de colère des auditeurs du Mouv dont la programmation actuelle laisse à désirer, la Radio Nova semble non pas en crise identitaire mais en crise tout court.

Tout a commencé par un tweet de Medias Le Mag (France 5) du 13 octobre annonçant la vente hypothétique de la radio. Très vite, la radio est prise d’assauts par les appels téléphoniques de journalistes. Bruno Delport, directeur de NovaPress (dont la Radio Nova est le port-étendard), tempère le problème. Pas de rachat exclusif, mais la nécessité de nouveaux investisseurs : c’est ce dont Nova a réellement besoin selon lui, et ce depuis longtemps.

Née sous l’impulsion de Jean-François Bizot en 1981, homme de presse passionné des cultures alternatives, Radio Nova s’inscrit dans l’ère des radios libres et des thématiques underground du magasine Actuel dont Bizot a repris les rennes une petite dizaine d’années auparavant.  Ce sont d’ailleurs les fonds d’Actuel qui ont permis à Bizot de donner naissance à Nova, suite à l’union de la radio écolo Radio Verte et de la station pirate Radio Ivre. Depuis toujours, Nova détone du contenu commercial de la plupart des autres bandes FM en proposant un mix worldwide, faisant entendre encore aujourd’hui aussi bien un groupe inconnu libanais que la nouvelle sensation électro. Eclectique mais pointue : Bruno Delport perpétue depuis le décès de Bizot survenu en 2007 les valeurs de cette radio à laquelle il s’est beaucoup consacré. Le rachat de la station s’est alors compliqué. Aujourd’hui Nova appartient pour deux tiers à la famille Jean-François Bizot détient 70% du capital, le reste revient en parti à une société anglaise et l’autre aux dirigeants de Nova.

Nova, en plus d’être atypique au niveau de son contenu, l’est au niveau de son organisation. Diffusé sur seulement vingt-six canaux, elle affiche pourtant 1% d’audience nationale (sondage Médiamétrie) soit autant que France Musique, un chiffre plus qu’honorable. Seulement le développement est de mise, et les projets aboutis de Nova comme la maîtrise de ses régies publicitaires, la création d’une unité de production audio-visuelle et le programme Nova Sessions retranscrit par Culture Box (plate-forme numérique de France TV) n’y suffisent pas. Insuffler de nouveaux fonds, ce serait augmenter le territoire, continuer d’oeuvrer pour la diffusion de programme de qualité et in extenso gonfler l’audience.

Si le « nouveau visage » du Mouv pourrait être la conséquence du changement de direction, il est normal que salariés et auditeurs de Nova s’angoissent des futurs investisseurs potentiels et de leur main mise, s’il en est. Au journal Le Monde, Bruno Delport confie : « Nos contenus sont dictés par nos envies. Nous avons toujours été un amplificateur des nouvelles tendances culturelles et, aujourd’hui, face à l’accélération de la diffusion, nous devons faire un tri pour offrir ce qui nous paraît nouveau et intéressant » Ne reste plus qu’une chose à espérer, que ces nouveaux partenaires ne trahissent pas l’âme de cette radio qui fait le bonheur de nos oreilles.

 Visuel : ©capture d’écran

Lorenzo Serafini, nouveau directeur artistique de Philosophy
Plaisirs & Débauches au masculin 1780-1940
Megane Mahieu

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