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« Qui sont ces fous que l’on enferme »: une immersion complète dans un univers intrigant

« Qui sont ces fous que l’on enferme »: une immersion complète dans un univers intrigant

04 octobre 2017 | PAR Donia Ismail

Durant près d’un an, les caméras de Zone Interdite ont eu l’opportunité de filmer au plus près le quotidien hors norme de ces patients atteints de maladies psychiatriques lourdes. Aymone de Chantérac, accompagnée de Jonahtan Delafon, ont pu pénétrer au coeur de l’une des plus vielles UMD de France, celle de Cadillac dans la région bordelaise. Reportage disponible sur M6 le 8 octobre à 21 heures.

Ils sont 86 patients à vivre dans les artères de l’Unité des malades difficiles (UMD) de Cadillac: Eric, Tristan, Michel ou encore Jean Pierre ont un quotidien aux antipodes du notre: millimétré à la seconde près, portes fermées automatiquement après chaque passage, ils sont surveillés 24 heures sur 24. Tous sont enfermés car ils sont dangereux pour la société, capables des pires violences. Claudia, mère d’un patient interné depuis onze ans, raconte une des nombreuses scènes de violences de son fils «C’était plus lui, il nous a pris pour des voleuses. […] Il a frappé sa sœur, il lui a mis la main dans la bouche pour qu’elle ne crie pas, il lui a planté la fourchette à rôti dans la gorge…».

« Cela a été de longs mois d’approche. L’équipe soignante avait beaucoup de réserves quant à notre présence » admet la réalisatrice, Aymone de Chantérac. Et on peut le comprendre. Beaucoup de documentaires sont allés s’aventurer dans l’enceinte de cette « prison », et le résultat est plus que décevant. Une mission risquée donc se profilait à l’horizon…

 

Privilégier la parole du malade

Un pari largement réussi! Beaucoup s’y sont frottés à leur péril. Un sujet comme l’univers fermé qu’est l’UMD peut être très rapidement devenir un gouffre à clichés stigmatisant les malades à leur insu. Mais ici la réalisatrice s’approche d’eux, leur donnent la parole, les écoutent et c’est une rencontre avec l’humain qui se dessine.

UNITES POUR MALADES DIFFICILES

Privilégier la parole du malade, leurs discours, voici le but d’Aymone de Chantérac tout au long du documentaire. Les paroles des soignants se font rares, amplifiant de ce fait celle des patients. Ils sont assis face à la caméra, ils témoignent à visage découvert, et dans un discours entre lucidité profonde et moment de délire, raconte de quoi est faite leur journée, leur vie à l’UMD. Des paroles tranchantes, émouvantes, mais d’un rare discernement.

Le documentaire vacille entre moments de tensions extrêmes, où les larmes de Claudia scient le spectateur, et éclats de rire, les Olympiades par exemple qui viennent comme une respiration bien méritée. Car ces hommes sont avant tout des humains, qui aiment, rient, vivent. Et la construction de ce documentaire va dans ce sens. Elle ré-humanise ces malades, trop souvent montrer comme des parias de la société, des fous dangereux.

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Donia Ismail

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