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Les indépendants à l’honneur au mois d’octobre !

Les indépendants à l’honneur au mois d’octobre !

06 octobre 2017 | PAR Guillaume Laguinier

Avec deux événements organisés en moins de dix jours, Le Marché des Labels Indépendants et le Prix des Indés, Jérôme Roger, président de la  SPPF (Société Civile des Producteurs de Phonogrammes en France), ne chôme pas. La société veut, à travers ces événements, montrer ce qu’incarne la production indépendante sur le marché musical français. 

Quelle est l’importance des labels indépendants français sur le marché, aujourd’hui? 

Les labels indépendants français représentent un peu plus de 80% de la publication d’albums effectuée chaque année en France. En volume, c’est donc ultra majoritaire. 80% d’une production présente dans les magasins, en physique, en téléchargement ou disponible en streaming.

Les gens l’ignorent pourtant souvent. Je ne savais par exemple pas que Vianney était un artiste indépendant.

La presse a plus souvent l’occasion de parler des majors parce que la musique, c’est à la fois quelque chose de très créatif, un processus artistique, mais aussi commercial. On parle plus souvent des majors compagnies, de leur part de marché que des labels indépendants. Mais ceux qui sont à l’initiative de la grande majorité du développement de carrières d’artistes, de signatures d’artistes comme on dit dans le métier, ce sont les producteurs indépendants !  Ces derniers passent souvent des contrats de distribution ou de licence avec une major et l’artiste est souvent présenté comme un artiste produit par elle alors que ce n’est pas le cas.

Du coup, le Marché des Labels Indépendants et le Prix des Indés sont, en quelque sorte, une manière de faire la part belle à ces indépendants? 

C’est une initiative qui se veut tout à fait positive: ce n’est pas contre les majors. Il s’agit plutôt d’un coup de projecteur sur la créativité, la richesse, la diversité de la scène musicale indépendante en France. Nous voulons montrer que nos membres sont à l’origine de la carrière de très nombreux chanteurs français et sont très créatifs dans le défrichage de nouvelles esthétiques musicales. Historiquement, le rap, ou le jazz il y a 80 ans viennent de petits producteurs indépendants qui ont découvert ce qui était à l’époque une niche musicale. Pareil pour la musique electro. Ensuite, ces mouvements peuvent devenir populaires et les majors s’emparent de ce marché, de cet élan créatif car elles sentent le potentiel commercial significatif. Comme cela arrive souvent dans d’autres industries culturelles, les plus gros récupèrent le mouvement, mais à l’origine, l’élan vient de ces artisans de la musique enregistrée.

Comment se préparent ces événements? 

Ce sont des événements qui sont relativement lourds à préparer. Il y a deux dimensions. On fait la deuxième édition de notre Prix des Indés qui aura lieu le 16 octobre à La Cigale. C’est une soirée qui va durer entre 1h40 et 1h45,  avec un plateau d’artistes et un certain nombre de prix qui vont être remis. C’est un peu comme les Victoires, même si nous ne sommes évidemment pas sur une opération aussi lourde et coûteuse à produire et à monter. Il y a également tout l’aspect captation de la soirée qui sera aussi un programme audiovisuel puisque France 4 nous accompagne dans la diffusion, France Inter également. Didier Varrod qui est président du Jury et qui joue un rôle clé dans la réalisation de cette opération, consacrera un Foule Sentimentale (NDLR: l’émission de Didier Varrod sur France Inter) spécial Prix des Indés.

Vous parliez de l’aspect visuel et vous vous êtes associés au groupe We Love. Pourquoi?

La SPPF, la société que je dirige, est présidée par Emmanuel de Buretel qui est aussi le patron d’un label indépendant qui s’appelle Because Musique. Il travaillait déjà avec We Love Art. Nous nous sommes rapprochés de cette agence artistique qui réalise des événements  et qui a un savoir-faire reconnu dans ce domaine, notamment avec We Love Green. On a évidemment besoin d’une production artistique exécutive. On n’a pas forcément le savoir-faire justement, pour réaliser nous-même ce type d’événement, donc on s’appuie sur une agence de création artistique mais aussi sur un producteur audiovisuel. Cela illustre bien les ressources humaines techniques et créatives autour de ce projet.

Pour revenir sur le Prix des Indés, comment sont sélectionnés les artistes? 

C’est très simple: au lieu d’une académie composée de professionnels, nous avons préféré nous en remettre à un jury indépendant qui se compose aujourd’hui de huit représentants des magasins de ventes physique et numérique. Je crois, de mémoire, qu’il y a quatre représentants d’enseignes de ventes de CD, et quatre représentants de service de streaming ou de téléchargement, le tout présidé par Didier Varrod qui joue un rôle de chef d’orchestre. La sélection n’est donc pas faîte par les producteurs, reste en dehors de toutes influences et s’effectue de manière absolument indépendante.

Quelles sont vos attentes à quelques jours du Marché des Labels Indépendants? Combien de personnes attendez-vous? 

C’est un événement qui n’a absolument rien à voir avec la cérémonie de remise de Prix des Indés mais qui intervient presque au même moment. Ce Marché des Labels Indépendants aura lieu à la Halle des Blancs Manteaux ce samedi 7 octobre de 11h à minuit, en tandem -en quelques sorte- avec la Nuit Blanche. Il y a 75 labels européens qui louent un stand et qui proposent au public qui vient fréquenter les travées de la Halle des Blancs Manteaux leur productions: CD; vinyles, T-shirt, objets divers. Avec toujours la volonté de nouer un dialogue avec le public pour parler, au delà de la vente, de leur métier et de comment se développe la carrière d’un artiste. C’est un échange un peu unique en son genre entre les producteurs de musiques enregistrées et leur public. L’année dernière, près de 11 000 personnes se sont déplacées. On espère faire autant si ce n’est mieux cette fois ! Il y a aussi quelques séances de dédicaces, des « mini-plateaux » d’artistes, des DJ feront des prestations. L’année dernière Vincent Delerm qui sortait son nouvel album était présent et avait pu vendre une centaine de CD et de vinyles.

Quelles seront les clés de la réussite, selon vous, pour ces deux événements?

Les enjeux sont évidemment beaucoup plus importants pour nous du côté du Prix des Indés: c’est un événement qui nous coûte relativement cher, c’est une production qui est plus lourde à monter, les enjeux sont plus importants en terme d’image. C’est d’avantage médiatisé. Deezer est partenaire, en plus des médias que j’évoquais plus haut. Il y a également un parcours avec La Fnac et avec les centres culturels Leclerc qui nous accompagnent. Il y a donc un dispositif assez complet et on espère que cette manifestation permettra de mettre en avant ce qu’incarne la production indépendante en France.

INFOS PRATIQUES: 

  • 2ème Marché des labels indépendants à Paris
    Samedi 7 octobre 2017 de 11h à minuit – Halle des Blancs Manteaux

 

  • Prix des Indés; le 16 octobre à La Cigale. A partir de 19h!

 

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