Actu
Fayard en pagaille

Fayard en pagaille

20 juin 2022 | PAR Zoe Grandjacques

Coup de tonnerre chez Fayard, mardi dernier. L’autrice la plus vendue en France, Virginie Grimaldi, a annoncé sur ses réseaux sociaux claquer la porte de la maison d’édition pour cause de « divergences de valeurs ». D’autres auteurs lui ont emboîté le pas jeudi dernier. Alors que se passe-t-il chez Fayard ? 

Cinq départs 

Virginie Grimaldi a annoncé dans un post Instagram que ses « valeurs et convictions ne sont plus en phase avec la direction que prend la maison ». Contactée par nos soins, l’autrice n’a pas souhaité préciser la nature des valeurs évoquées. Le surlendemain, Jacques Attali, Victor Castanet, auteur des Fossoyeurs, Gerard Davet et Fabrice Lhomme, journalistes du Monde, lui ont emboîté le pas. Ces départs font suite à la nomination d’Isabelle Saporta, qui succède à Sophie de Closets au poste de directrice de la maison d’édition.

La nomination d’Isabelle Saporta

La nomination d’Isabelle Saporta, journaliste, auteur du Livre noir de l’agriculture, intervient dans un contexte de rachat de Lagardère par Editis (Vivendi), le groupe du milliardaire Bolloré. Elle succède à Sophie de Closets, patronne pendant huit ans de la maison. Si cette dernière est évoquée comme une éditrice hors-pair, notamment par le journaliste d’investigation Victor Castanet qui évoque dans un entretien téléphonique « une force rare et extrêmement précieuse, elle savait protéger ses auteurs et leur donner une liberté totale », Isabelle Saporta ne fait pas l’unanimité.

Signal d’alerte

En 2019, Fabrice Lhomme et Gerard Davet publient La haine, un livre sur les coulisses du mandat Sarkozy et ses affaires judiciaires. À la publication de cette enquête, Sarkozy alors membre du conseil d’administration de Lagardère voit ce livre sous un mauvais œil et accuse Sophie De Closets d’avoir payé son directeur de campagne pour témoigner dedans. Isabelle Saporta prend alors le parti de l’ancien président dans cette affaire. Et à la veille de sa nomination, la journaliste et compagne de Yannick Jadot  donne une interview au Monde dans laquelle elle réaffirme son soutien à Sarkozy qu’elle considère comme la « victime » de cette affaire. À ce sujet, Victor Castanet,  nous explique « elle apporte son soutien à l’administrateur et donc remet en cause deux auteurs de la maison fayard, qui sont deux grands journalistes d’investigation dont la qualité du travail n’a jamais été remise en cause. Elle attaque à la fois sa propre maison, ses auteurs, pour moi c’est déjà un problème de base. (…)C’est un signal d’alerte quand vous êtes journaliste d’investigation. Par ses propos Isabelle Saporta laisse penser que l’on ne pourrait pas avoir la même liberté éditoriale donc ça pour moi c’est une alerte très forte et il n’y a rien de plus précieux que ma liberté.». 

« Le meilleur avenir »

De son côté Jacques Attali déclare, dans un entretien téléphonique, ne pas vouloir « faire de procès d’intentions » et explique avoir quitté Fayard pour des raisons relationnelles, restant fidèle à Sophie de Closets à qui il a « toujours dit qu’il la suivrait et resterait avec elle ». L’éditrice serait pressentie à Flammarion. Les auteurs sortant ne manquent pas cependant de rappeler l’attachement qu’ils ont eu à la maison d’édition et de vanter le travail des équipes que Victor Castanet qualifie « d’exceptionnelles » et à qui Jacques Attali souhaite « le meilleur avenir ». 

Isabelle Saporta et la Maison Fayard n’ont pas donné de suite à nos sollicitations mais l’éditrice a déclaré à L’obs «  L’indépendance est mon honneur et c’est surtout une exigence essentielle de nos auteurs ». Celle qui se définit comme anarchiste se défend d’être à la botte de la direction en estimant « Ce que je constate, c’est que le groupe Hachette a porté une journaliste d’investigation de gauche, écologiste, avec une voix libre, à la tête d’un joyau du groupe ».

© Visuel : Logo Fayard

Les consultations (pour Emmanuel), thérapie par le regard à l’Abbaye de Maubuisson
« PULSE » : la proposition de cirque chorégraphié qui met de méchamment bonne humeur
Zoe Grandjacques

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture