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Découverte d’un monument de l’agora de Ségeste en Sicile

Découverte d’un monument de l’agora de Ségeste en Sicile

07 juin 2021 | PAR Léna Saint Jalmes

Un nouveau monument et une base de statue financée par l’un des grands hommes de la cité ont été retrouvés à l’agora de Ségeste (Sicile).

La ville de Ségeste joua un rôle de premier plan parmi les centres siciliens et dans le bassin méditerranéen. Cette ancienne cité grecque située au nord-ouest de la Sicile est connue pour son temple dorique inachevé et son théâtre du Ve siècle.

En mai, des chercheurs italiens de l’École normale supérieure et de l’Université de Pise ont découvert de nouveaux vestiges à Ségeste. Ces ruines font partie des plus imposants jamais mis au jour de place publique de la ville. Les archéologues se sont concentrés dans le sud de l’agora, où ils ont exhumé les linéaments d’un édifice public. Une base de statue financée par l’un des grands hommes de la cité, a aussi été trouvée. Ces vestiges sont datés du IIe ou Ier siècle av. J.-C.

Un mystérieux bâtiment

Pour le moment, seule une petite partie du bâtiment a été dégagée. Sa fonction n’a donc pas encore été identifiée. Cependant les archéologues ont déjà remarqué la similarité des blocs avec ceux du théâtre, situé à 150 mètres du site.

Pour ce qui est de la base de la statue, elle a révélé bien des secrets ! Le bloc a sur sa face principale un elogium – une inscription honorifique – célébrant la mémoire d’un généreux évergète : Diodore, le fils de Tittelo. Son financement civique et intéressé d’un ou plusieurs monuments publics est ainsi resté gravé. Inscrit en langue grecque, le texte célèbre la mémoire du père de Diodore, que devait représenter la statue. Il est présenté comme « gymnasiarque » par son fils, il avait donc probablement financé un gymnase.

Placée dans l’entrée du mystérieux édifice de l’agora, à un point de passage stratégique d’un bâtiment du centre-ville, la statue devait être aperçue de tous.

Diodore, personnage connu des archéologues

Diodore était déjà connu des archéologues. « Il avait érigé la statue de sa sœur Urania, prêtresse d’Aphrodite, retrouvée au XVIIe siècle dans le temple dorique », a expliqué dans un communiqué l’épigraphiste Carmine Ampolo de l’École normale supérieure de Pise.

L’évergétisme consistait à faire profiter ses concitoyens de sa richesse. Ce système était généralisé dans l’ensemble du monde grec et romain. Ce don permettait à l’évergète d’affirmer sa supériorité. Il était ensuite gratifié de récompenses honorifiques.

 

Visuel : Attribution-NonCommercial-NoDerivs 2.0 Generic (CC BY-NC-ND 2.0).

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Léna Saint Jalmes

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