Jean Quentin Châtelain récite « Une Saison en Enfer » de Rimbaud au Lucernaire

3 avril 2017 Par
David Rofé-Sarfati
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Une Saison en Enfer est l’ultime combat d’un homme, d’une vie et d’une œuvre touchant sans cesse à l’absolu. La conquête du sens est le combustible, dont chaque lecteur de Rimbaud garde à jamais en son esprit la brûlure. Jean Quentin Châtelain vient rendre témoignage de sa lecture  intime et mystique du texte dans la petite salle du Lucernaire.

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Le recueil de poèmes en prose est publié à compte d’auteur en 1873, deux ans avant que Rimbaud décide de clore sa carrière de poète, à 21 ans. Dans ce texte, refuge à son désespoir le poète dresse le panorama de ses déceptions et de ses rancœurs sur la chose artistique, sur le sentiment amoureux et sur la vanité du monde.

Rimbaud y cherche aussi dans une quête mystique le pardon et peut être le salut. Jean-Quentin Châtelain pieds nus au centre d’un cratère dans une cérémonie d’expiation et en communion avec le poète récite le texte. Les yeux fermés, (sommes nous avec lui ?) dans une concentration intense et avec sa diction particulière de l’école Claude Regy, il nous livre les mots du texte dense qui résonnent et imbibent la petite salle du Paradis au Lucernaire.

Au delà de cette densité, ce qui nous tient est la peur de voir le comédien s’évanouir débordé par sa profération de la langue brûlante du poète. II semble frôler sans cesse la mort ou le démon dans une diction de transe où les mots du poète mauvais garçon semble mettre en danger la vie du récitant comme sa propre peau.

L’ensemble est curieux car le comédien ne donne rien sauf à lui même. Nous ne sommes pas là. Et s’il jouit de son exploit, il le fait sans nous. Nous ne sommes pas au théâtre mais au cinéma. Au delà de notre aversion pour ce voyeurisme imposé nous profitons de la force du texte et de la diction impeccable de Châtelain.

UNE SAISON EN ENFER
D ’ARTHUR RIMBAUD
MISE EN SCÈNE U LY S S E D I G R E G O R I O
AVEC
JEAN-QUENTIN CHÂTELAIN


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