[Live-Report] Les jeux sombres de « Do Disturb » au Palais de Tokyo

10 avril 2016 Par Yaël | 0 commentaires

Pendant 3 jours et une nuit, du 8 au 10 avril 2016, le Palais de Tokyo a vibré aux rythmes des performances internationales de la deuxième édition du festival Do Disturb. Comme l’an dernier (lire notre article), c’étaient plus de 3 événements par heure qui avaient lieu dans les 22 000 km² du Palais de Tokyo (soit 60 au total) et comme l’an dernier les partenaires étaient illustres : le MoMA PS1 (New York), la Tate Modern (London), le Matadero Madrid, le Centre National des arts plastiques (CNAP, Paris), the 49 Nord 6 Est – Frac Lorraine (Metz, France) et le Berghain (Berlin). Trois nouveautés au service de ce grand événement du printemps : la fin du non-stop (seule la nuit du 8 avril était complète avec un mix de Peaches), les parents s’étaient donnés le mot et ont vraiment emmené les enfants regarder la performance, samedi et dimanche. Et enfin, dans la dizaine de performances que nous avons pu voir, on a pu sentir que l’air du temps est plus (encore?) sombre que l’an dernier. Petit rapport de plusieurs heures de dérangement…

Tandis que du labyrinthe inaugural enflammé par Mircea Cantor (Zora), il ne restait qu’une trace à l’entrée du Palais de Tokyo, ce dimanche 10 avril 2016, la foule était nombreuse pour survies les multiples performances proposées par le festival Do Disturb. Enfants à la main, les parents curieux ont laissé les parcs et le soleil pour proposer à leurs petits de s’asseoir sur les tapis épais de la salle 37 ou sur les marches de la rotonde, au sous-sol que constitue la friche du Palais de Tokyo. Tout autour des expositions de saison (dont la magnifique épopée de Jean-Michel Alberola) auxquelles le ticket d’entrée donnait accès, Do Disturb proposait des performances permanentes (peinture au papier des escaliers principaux par Luc Resta, essayage de chaussures au Shoe Departement de Mark Redele, la rétrospective Funky No going back de Alex Schady et un atelier de chocolat créatif à l’étage 1B du saut du Loup …), des irruptions sporadiques (notamment l’irrésistible Arnaud Cohen grimé en Pamela Anderson triste, balançant sa bouée rouge avec tristesse, un gros bleu sur la cuisse) et aussi des rendez-vous avec plus d’une trentaine de performances qui se sont données une ou plusieurs fois.

De durées variables (8 minutes pour le travail de danse minimaliste élégant et japonisant de Trajal Harrell sur Odori, The Shit! et 2h24 pour le très cérébral Reusable Parts/ Endless Love de Gerard et Kelly qui réfléchissait sur une prise de son volée et répétée, au 3e étage du Palais), avec plus ou moins de narration (toute une histoire pour aller se coucher le soir dans Socket and remote de Dan Adlesick), et plus ou moins de références historiques (Pailletées et dansées en caleçon, les très drôles et très sensuelles Petites explosions de Calixte Neto réfléchissaient tout un orientalisme pas si lointain tandis que Odori de Harrell se voulait « danse pure de ses œuvres précédentes ») ces dernières ont su attirer un public nombreux et attentif.

Si la danse et les corps étaient à l’honneur, dans ce que l’on a vu dans ce dimanche après-midi, c’était souvent sur un mode sombre, grinçant, expressionniste. Ainsi des 3 danseuses toutes de noir vêtues et à peine distinctes de plantes calcinées disposées dans la rotonde de la performance Dancers de Aurélie Hoegy, des gestes et mouvements faciaux angoissés et angoissants de Ligia Lewis dans Melancholy: A white mellow drama, et des plongées dans l’eau noire circulaire du Cirkus Cirkör & Rachel Armstrong dans The temptation of the non-linear ladder.

Un festival riche, aux reflets bigarrés et aux couleurs sombres qui se termine à 18h30, ce dimanche 10 avril 2016 au Palais de Tokyo.

visuels : YH


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