« Intimité » de la Compagnie Stemmer au Jerk Off Festival

21 septembre 2016 Par Victoire Chabert | 0 commentaires

Pour sa 9ème édition, le Jerk Off Festival revient du 15 au 24 Septembre avec l’intention d’offrir un espace de liberté aux artistes et un temps de découverte aux publics. Les artistes sont invités à dévoiler leurs interprétations de la relation à l’autre et au monde, leurs idées des désirs et des conflits. Dans le cadre de ce festival, le 17 Septembre au Carreau du Temple, nous avons vu « Intimité ». Une performance honnête et touchante sur l’amitié adolescente et le passage à l’âge adulte.

Comédien, François Stemmer a été formé au Conservatoire de Nice et à l’Ecole du Passage à Paris. Il crée sa compagnie en 2012 et se consacre particulièrement à la mise en scène. Il aime scénographier l’adolescence. « Intimité », c’est une pièce chorégraphique et poétique avec deux jeunes artistes troublants de justesse, Camerone Bida et Elias Hauter.

« Intimité » c’est l’histoire de deux petits mecs, deux amis, deux frères de cœur, qui sentent le besoin d’exprimer à leur façon, naturelle, spontanée, pleine d’un humour touchant la vie qui s’agite en eux. Ils parlent, ils ressentent, ils osent et leurs mots disent tout autant que leurs gestes et leurs regards.

Ca commence doucement, Camerone récite un poème, maladroit dans ses intonations, « Hier j’ai pécho une fille et je le raconte à mon frère ». Elias reprend plus fort, plus fougueux. Les filles, la drague, les soirées où l’on choppe, c’est une partie de la vie d’ado.

Aussi, parfois ils sont en colère, leurs émotions explosent. Sur « Antitaxi » de La Femme, Elias ivre de vie, se prends la tête, pousse des cris, suffoque, comme en combat avec lui même. Camerone lui se mets à danser comme un fou, il break, il cogne son corps contre le sol. Puis, ils retombent, aspirés par leurs pensées. Assis côte à côte, ils s’ennuient un peu, ils glandent, ils fument. L’un vide les poches de son jean l’autre geek sur les réseaux sociaux. Les deux amis dans l’intimité attendent de devenir des adultes. « On leur a tellement dit qu’elle est devant eux, cette vie, qu’ils prennent tout leur temps pour la rejoindre ».

Ils occupent ce temps de jeune en jouant à des jeux d’enfants. On assiste à un remix de je te tiens, tu me tiens par la barbichette, où il se foutent des coups, sur leur tête casquées, à chaque rires lâchés. Ils parient sur les fringues, et se déguisent, comme des gosses, pour aller en boite, où ils se défieront encore pour boire à ne plus tenir debout.

Et on les voit rentrer bras dessus, bras dessous titubants au petit matin. Amis de soirée, amis de toutes les situations, amis intimes pour la vie.

Visuels: CR @Compagnie François Stemmer


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