La sélection « pop-rock-indé-electro-rap » de décembre

5 décembre 2017 Par
La Rédaction
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Ce mois-ci, la rédaction musique de Toute La Culture a profité de cette sélection pour rattraper son retard. Si l’hiver est en avance, nous faisons durer l’automne.

Bjork – Utopia (One little Indian/All point/Believe)

Que retenir de ce neuvième album de la chanteuse islandaise ? Peu de chose qu’on ne savait déjà … Que Bjork est une grande chanteuse, originale et imaginative, qu’elle joue une partition sur un terrain où peu de gens connus iront la chercher… Qu’en effet s’il faut choisir entre ce disque et ceux d‘Etienne Daho ou de Charlotte Gainsbourg pour le petit Noël de ses parents, Utopia est peut-être le meilleur choix, surtout si votre mère aime les ambiances un peu païennes et la musique de Sibelius. Pour le reste, disons que ce disque est la version cougarde de Vespertine (2001) qui restera sans doute inégalé. Antoine Couder

Lankum – Between the Earth and the Sky (Rough trade)
Difficile d’échapper au rayonnement actuel de cette formation, originaire d’Irlande. Et ce n’est que leur deuxième album…certains voient en eux la résurrection des Pogues, mais en réalité, c’est bien plus que ça, d’une grande originalité et, au fond, difficile à classer. Une sorte de folk-punk du vingt-et-unième siècle, une musique qui tangue entre la noirceur la plus absolue et l’allégresse des jours meilleurs, et cela avec une aisance assez renversante.
Un répertoire constitué de chants traditionnels, de compositions insolites?; des textes décapants (beaucoup d’humour noir, d’histoires invraisemblables, parfois choquantes ; de la littérature, en somme), des instruments surgis de nulle part, et surtout, ces harmonies inouïes qui font de l’écoute de l’album une expérience par moment unique. Et les voix, bien sûr (notamment celle, hallucinante, de Radie Peat), qui semblent provenir des bas-fonds, des coins plus reculés des terres d’Irlande et d’Écosse. C’est aussi une visite nocturne dans les pubs et autres bouges les plus mal famés, où la bière et le whisky tournent à flots, où les soirées terminent par d’effroyables bagarres et où les prostitués ont le cœur sur la main. Plus que recommandé ! Sven Hansen-Love

Plunge- Fever Ray 

Plunge, le projet de Karin Dreijer, la moitié de  the Knife sortira en physique en février mais est déjà disponible en numérique depuis octobre. Entre le dub, l’electro et le rock, l’univers de Fever Ray qui s’était fait connaitre avec « If I Had A Heart » en 2013 était sorti des radars depuis cette date. L’album s’ouvre par l’agressif et passionnant « Wanna slip » qui nécessite de se faire apprivoiser. Ensuite, la miss à la voix éraillée calme un peu le jeu ( « A part of us’) avant de nous réveiller à nouveau (« IDK about you »). Elle nous entraîne avec cet opus raide, peu accessible mais totalement addictif jusqu’à « Mama’s hand », comme pour nous rassurer.  On ne saurait que trop vous conseiller de commencer cet album par sa presque fin, par « To the moon and back, le titre le plus easy de l’album.  Elle hurle comme une punk sur des sonorités électroniques, Karine Dreijer est à ranger du côté des performeuses. A écouter pour sa radicalité. Amélie Blaustein Niddam

Lomepal – FLIP Deluxe édition

Lomepal sort une édition deluxe de son album FLIP, sorti en juin dernier. Augmenté de trois inédits et de lives acoutiques ou des versions instrumentales de certains de ces morceaux, il offre là un cadeau à ses fans. Dans cette nouvelle version, on retrouve tout ce qui a fait le succès du rappeur : ses textes et ses musiques d’une actualité absolue. Lomepal a cela de fascinant qu’il est le fruit d’un syncrétisme générationnel où les styles se mélangent au lieu de se confronter. Rappeur et skateur, il réconcilie les deux groupes des cours de récréation de bon nombre de lycées. Il écrit alors son amour pour son sport sur des musiques qui joue de l’équilibre entre hip-hop et chanson, à la fois MC et chanteur. Cette dualité il la revendique et en joue. « Jamais un aussi bon rappeur n’avait vraiment fait du skate. Jamais un vrai skateur n’avait été aussi fort en rap », dit-il ainsi dans «Bryan Herman». L’homme lui-même se présente comme double dans ses textes : parfois queutard arrogant sans état d’âme, parfois sensible, fragile et nostalgique. Dans ses trois inédits se retrouve ce ressort : entre Club ou Un peu de sang, deux personnages se dessinent encore. À (ré)écouter. Alice Aigrain

Neil Young + Promise of The Real – The visitors

Neil Young enchaîne les albums avec appétit (20 en 10 ans !). Cette collaboration entre le septuagénaire et le groupe Promise of The Real est incroyablement éclectique. Certains diront que ça part dans tous les sens mais le plaisir est bien là et traverse gaiement boogy, blues, psychédélique,funk, folk et rock avec toujours la décharge émotionnelle comme signature de l’immense artiste. Ce 39ème album sort simultanément avec la mise en ligne des Neil Young Archives qui proposent l’ensemble des oeuvres en streaming gratuit. Un acte politique qui fait écho avec la première chanson de l’album Already great qui s’oppose au slogan de Trump Make America great again et clame  « Ni mur, ni haine, ni fascisme aux USA » et on a envie de reprendre en chœur. Vincent Fournout

 

Brigitte – Nues (édition Vinyle)

Depuis le 1er décembre, l’album Nues est disponible en édition vinyle. Sur ce troisième opus, Brigitte conserve toute sa poésie. Mêlant mélancolie et modernité, les chansons vraies et sincères de cet album nous accompagnent et restent en nous. Palladium, la premier single de l’album, est tout simplement un tube. Il restera à coup sûr dans les annales du groupe. La chaude harmonie des voix d’Aurélie et de Sylvie est parfaite, mais ça, on le savait déjà. Par contre, la nouveauté, c’est le piano qu’elles ont ajouté, et derrière lequel Aurélie Saada a composé plusieurs des chansons de l’album.. Brigitte, on les aime comme des vieilles copines mais on aime aussi leur engagement. Leurs textes ne sont pas que jolis, ils portent un vrai message féministe et plein d’espoir. Sarah Dray