[LIVE REPORT] LOU DOILLON, TINDERSTICKS, POLNAREFF, PIXIES & PHARRELL WILLIAMS AUX VIEILLES CHARRUES 15/07/2016

16 juillet 2016 Par Thibaut Tretout | 0 commentaires

Toute La Culture est en direct des Vieilles Charrues pour un live-report fou avec une programmation du vendredi soir 15 juillet 2016 tout à fait éclectique et prestigieuse. Au générique de cette soirée : Lou Doillon, aussi bien de Parvo Stellar, les Pixies, Michel Polnareff aussi bien que Pharell Williams. Report.

Elégante et habitée, guitare d’un bleu électrique à la main, Lou Doillon s’empare de la scène Glenmor avec l’évidence des grands. La princesse aux pieds nus, dans sa petite robe noire toute simple et sans fard, d’une voix chaude et rocailleuse égrène ses complaintes sauvages et envoûtantes. « Questions ? Answers » : Lou Doillon prouve à nouveau que son style a la grâce féline d’une musicienne accomplie.

Calmes et posés, trop calmes pour oser, les touche-à-tout de Tindersticks enchaînent sans convaincre des berceuses pop rock qui résonnent comme des slows acoustiques, voire soporifiques : Tendersleeps, donc, repose, mais ne vibre pas. Fidlar, en revanche, balance un punky grunge sans complexe ni contrefaçon, qui manque peut-être un peu d’originalité mais qui déborde, surtout, d’une ardeur explosive et d’une énergie communicative.

Sur les écrans de la scène principale, un compte à rebours défile qui précède l’entrée de celui que tous ses fans, arborant lunettes et perruque blonde, attendent : Michel Polnareff, enfin, chemise blanche à queue de pie, braguette ornementée façon cowboy étoilé, dégaine d’entrée une « Poupée qui fait non », rappelle, naturellement, qu’il est un homme, et livre par la suite tube sur tube. Servi par des choristes admirables, secondé par des musiciens de talent, « Popol » n’a certes plus la voix de sa légende, et quelques longueurs auraient pu sans doute être évitées, mais l’enfant du pays – la grand-mère de Michel était de Loctudy – s’est montré prodigue et, de Marylou au Paradis, magiquement rétro.

Cuivres embouchés, débordant de passion, rayonnant de complicité, les musiciens de Parov Stellar électrisent les planches de la scène Kerouac, où l’inimitable Cleo Panther, short rouge aguicheur, bustier façon Gaultier, enfièvre un public sur lequel un sort semble avoir été jeté et qui jusqu’à la fin danse sans retenue. Aussi déjantés que Caravane Palace, aussi généreux que leur swing, les joyeux drilles de Parov Stellar ont su offrir à leur public un moment de pur plaisir – « We love you France so much » : nous aussi !

Clignotant dans la nuit qui tombe, des cornes rouges de diablotins convergent vers la scène Glenmor, où les Pixies assènent un son d’enfer, magistralement exécuté, d’une brutalité sensuelle qui va crescendo, pour la plus grande joie d’un public que la rage du rock habite, à en perdre l’esprit. A peine les flammes sont-elles éteintes que Pharell Williams rallume l’incendie : jean fleuri, verbe haut, le prince de la pop entonne ses refrains les plus entraînants, avec l’indispensable et précieux concours de chanteuses chorégraphes Adidance dont l’allant nous comble. « PW », touchant juste et visant vrai, salue « the French future », opposant à la terreur la ferveur d’un adepte du bonheur. Lequel aurait pu être complet déjà, mais que les morceaux enflammés d’Howard et Guy Lawrence portent à son paroxysme, close to Disclosure.

visuels et texte : Thibaut Tretout et Gweltaz Lefur


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