Théâtre
[Avignon OFF] « Artaud passion », de Patrice Trigano

[Avignon OFF] « Artaud passion », de Patrice Trigano

16 juillet 2016 | PAR David Rofé-Sarfati

En mai 1946, après neuf années d’internement, Antonin Artaud revient à Paris. Le poète retrouve ses amis et en particulier le galeriste Pierre Loeb qui prépare une exposition de ses dessins. Une relation chargée d’ambiguïté naît de la rencontre d’Artaud et de Florence, fille de Pierre Loeb, alors âgée de seize ans.

[rating=3]

La pièce nous invite à traverser les derniers jours d’Artaud. Au crépuscule de sa vie, Florence évoque ses souvenirs avec émotion tandis que Artaud, mort en 1948, assiste sur scène au récit sans que cette Florence ne devine sa présence.La scénographie est minimaliste. Une machine projette dans un mouvement circulaire deux ampoules,  deux musiciens interprètent en direct une musique souvent agressive qui achève le décor. Agnés Bourgeois est lumineuse en amoureuse fascinée. Jean Luc Debattice, incroyable comédien entre animalité et esprit,  joue un Artaud dérangeant, violent, colérique, un désespéré de la vie, jaloux de ses convictions, un écrivain théoricien de l’acte de  création et au delà de la vie.

La pièce est construite comme une chronique journalistique racontée par Florence. Nous acceptons volontiers ce biais un peu scolaire car Florence nous touche par son introspection nostalgique. Car le fantôme de Artaud intervient sans cesse, scandant et parfois hurlant  ses textes. Car la mise en scène est puissante et riche comme le propos; la querelle sur le théâtre entre Artaud et Louis Jouvet est succulente.

Cette pièce est née de la rencontre de Patrice Trigano avec Florence Loeb. Du témoignage recueilli auprès d’elle, il aura réussi pour notre bonheur à faire œuvre.

« Artaud – Passion » à ARTEPHILE, Texte de Patrice Trigano, Mise en scène Agnès Bourgeois, Jean Luc Debattice dans le rôle d’Artaud et Agnès Bourgeois dans le rôle de Florence.

Infos pratiques

Théâtre des Corps Saints
MuMa du Havre
Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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