[Festival Jazz à Saint-Germain des Prés] le 21 mai à la Maison des Océans: fascinant Nik Bärtsch’s Mobile

21 mai 2016 Par Olivia Leboyer | 0 commentaires

Festival jazz 2016

A la Maison des Océans (ou Institut Océanographique), les concerts prennent toujours une coloration particulière. Intime, le lieu invite déjà au recueillement. Mais ce soir, la découverte a été véritablement éblouissante : Nik Bärtsch et ses musiciens du Mobile nous ont offert un moment suspendu, inoubliable.

Note de la rédaction :

Le jazz du Nik Bärtsch’s Mobile étonne, au sens fort : on pense d’abord un peu à Steve Reich, pour les répétitions, les boucles. Mais ici, rien n’est électronique, pas de machine, juste quatre musiciens ultra talentueux et parfaitement en phase : Nik Bärtsch au piano, Sha à la basse et clarinette, Nicolas Stocker et Kaspar Rast aux percussions. Les compositions ? Rien qui approche, de près ou de loin, des morceaux que l’on connaîtrait déjà. La découverte est vraiment totale. Durant une heure et demie, le quatuor a tenu un morceau lancinant, aux emballements soudains, puis de nouveau apaisé. Comme le ressac de la marée, que l’on entendrait avec délice, bercé dans un hamac. On ressent un grand calme et, à d’autres moments, il semble que les hommes reviennent peupler cet espace vide, comme à l’orée d’une ville.

La Maison des Océans aurait-elle été choisie à dessein ? On sait bien que la libre association des images lors des concerts est absolument libre. Mais, ici, nous formons assez naturellement des images maritimes. Derrière les musiciens, la peinture murale représente les hommes d’équipage à la proue d’un navire, tandis que le mur du fond s’orne d’une chasse à la baleine impressionnante. Donc, ce soir, nous embarquons tel le capitaine Achab de Moby Dick sur les traces de la baleine géante. Les notes de piano, égrénées avec une précision diabolique, nous y invitent. En sourdine, puis plus ample, la clarinette rejoint le piano, suivie par les très nombreuses percussions, distillées avec soin. Tout cela est très doux, une ligne en continu. C’est d’ailleurs le titre de l’album du Mobile, Continuum, sorti en mars 2016 et produit par l’excellent label ECM.

Nous vous recommandons très chaudement le CD Continuum, que nous allons, pour notre part, écouter en boucle. « Ainsi donc, à cause de ces diverses choses, nous tenons la baleine pour immortelle dans son espèce, bien qu’elle soit périssable dans son individu. » écrit Hermann Melville. Et c’est bien l’impression que nous procure, finalement, le Nik Bärtsch’s Mobile. Plus qu’Achab le chasseur inquiet, nous nous sentons, ce soir, aussi immortels que les grandes baleines blanches.

Un très grand merci.

visuels: affiche officielle du festival.


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