[Live-Report, Paris Mezzo Festival] Beatrice Rana irradie dans un programme Chopin et Schubert à la Salle Gaveau

17 juin 2016 Par Yaël | 0 commentaires

Ce mercredi 15 juin 2016, la deuxième édition du Paris Mezzo Festival proposait de découvrir l’immense talent d’une étoile montante du classique. Alors que son deuxième album russe (Chostakovitch et Tchaïkovski) vient de sortir, en salle Gaveau et accompagnée pour la première fois par le violoncelliste Yann Levionnois puis également par Pierre Fouchenneret et Guillaume et Marie Chilemme, la pianiste italienne Beatrice Rana, qui a aussi  enregistré les Nocturnes, est revenue à ses premières amours, avec un programme qui mettait  à l’honneur Chopin. 

A 23 ans, Betarice Rana connaît un envol international. Révélée à Montréal en 2011 puis au Van Cliburn International Piano Competition, la pianiste parcourt le monde pour jouer avec les plus grands. Ce 15 juin 2016, dans le cadre du Paris Mezzo festival et dans le cocon parisien de la salle Gaveau, c’est avec de jeunes musiciens français également montants qu’elle a donné un récital Chopin et Schubert.

Entrée en scène dans une robe bustier bleue à la fois brillante et discrète, longue et fendue, le pianiste a démarré seule en scène, avec la Sonate n° 2 en si bémol op.35 de Frédéric Chopin. Très concentrée et déterminée dès le Grave, la pianiste diminue à peine l’immense énergie concentrée de son jeu très maîtrisé dans le scherzo. Virevoltante, elle n’est jamais douceâtre, voire même jamais douce, ce qui dans Chopin est une gageure. A mille kilomètre de tout sentimentaliste slave, elle offre une marche funèbre d’une violence froide et d’autant plus saisissante avant de finir dans le Presto qui sonne comme une brillante exécution.

Rejointe par Yann Levionnois dans la lumineuse et difficile sonate Arpeggione de Franz Schubert, Beatrice Rana laisse d’abord le violoncelliste mener le rythme et semble l’accompagner avec toute la vitesse et la légèreté joyeuse que demande le premier mouvement. Mais petit à petit dans ce moderato, c’est de plus en plus elle que l’on suit et que l’on entend. Dans l’adagio, Yann Levionnois fait de son mieux pour donner toute son expressivité à cette pièce mythique écrite par Schubert non pas pour violoncelle mais pour une sorte de guitare virtuose à 6 cordes et très rare : l’arpeggione. Dans le troisième et dernier mouvement, les deux jeunes musiciens semblent parfaitement dialoguer et Beatrice Rana impressionne non seulement par sa virtuosité mais aussi par l’impression de facilité et de légèreté qu’elle dégage, a contrario du violoncelliste qui marque plus volontiers ses émotions et l’effort que Schubert demande.

Après un entracte quasi-estival, le public revient à Chopin avec une version jeune et dynamique du Concerto pour piano n° 1, op. 11. Menés par le fougueux violoniste Pierre Fouchenneret, dans l’ensemble des 6 musiciens, personne n’a plus de 30 ans et ça se sent! Toujours aussi concentrée et étonnante dans sa vision magnifiquement violente et presque abrupte de Chopin, Beatrice Rana donne au premier mouvement toute la solennité qu’il requiert. Alors que la pianiste italienne semble toujours avancer dans la partition comme elle respire, la tendresse infuse comme une surprise dans la romance du deuxième mouvement où les 6 solistes semblent parfaitement fusionner et le concert se termine par le lumineux rondeau.

Le public salue debout ce concert qui révèle un bon nombre de talents et nous a fait adhérer pleinement à la fascination qu’exerce la brillante Beatrice Rana.

Visuels : photos officielles de la soirée par le Paris Mezzo Festival

 


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