[Interview ] Michèle Reiser parle de la programmation du Festival de Paris

24 avril 2017 Par
Yaël Hirsch
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Du 9 au 29 juin 2017, le Festival de Paris lie la Ville Lumière à de grands noms du Classique. Après deux ans de succès sous le nom de Festival Paris Mezzo, l’événement musical « classique, haut de gamme, populaire et patrimonial » créé par Michèle Reiser finit de s’enraciner dans la Capitale avec un partenariat avec le Ministère de la Culture et un nouveau titre explicite « Le Festival de Paris« . Et toujours les deux ingrédients qui font son succès : des lieux magiques (Tour Eiffel, Musée de la Vie Romantique, Sainte-Chappelle…) et des solistes d’exception, déjà très connus (Patricia Petibon en ouverture) ou à découvrir d’urgence (Tim Mead, Regula Mühlemann…). Interview de la directrice de ce Festival, Michèle Reiser, qui nous parle de la programmation de cet événement mélomane, amoureux de Paris, ouvert à tous et incontournable.

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Un concert à la Tour Eiffel pour inaugurer le festival de Paris, c’est un beau symbole. Est-ce difficile à organiser? L’acoustique le permet-elle facilement ?
Oui bien sûr nous y étions très attachés. La Tour Eiffel est un des monuments les plus visités au monde, et pour beaucoup de touristes elle symbolise Paris. Grâce à notre partenariat privilégié avec la Mairie de Paris nous avons pu accéder cette année à ce lieu symbolique pour ouvrir le Festival. Nous avons été particulièrement bien accueillis par les responsables du site et rien n’a vraiment été difficile à organiser. L’acoustique, qui est de très bonne qualité, laisse préjuger de l’excellence du concert.

Comment s’est organisé le partenariat avec la marie de Paris ?
Comme je le disais plus haut, la Maire de Paris nous a soutenus dès le début et je tiens à la remercier ici particulièrement. Mon désir a toujours été de proclamer haut et fort que Paris reste une des capitales mondiales de la Culture. Mère nourricière d’artistes de renommée internationale, terre d’accueil de nombreux artistes étrangers.
Le Festival est devenu cette année le Festival de Paris, avec un partenariat renforcé avec la Ville, qui nous héberge pour quatre des cinq concerts dans des lieux majeurs du patrimoine parisien, nous offre un affichage de premier plan dans les rues de Paris et met à notre disposition ses réseaux numériques.

Du coup la plupart des salles sont des lieux de la ville? Il n’y a plus de salles « privées » ?
Oui, des lieux qui deviennent l’espace d’un soir, des salles de concerts éphémères. Ce qui n’enlève rien aux très belles salles privées parisiennes, dans lesquelles nous étions l’an dernier. C’est une façon d’habiter le passé de cette ville historique, de mettre en écho, en regard tous les arts, musique, architecture, peinture. Entendre Patricia Petibon chanter Satie au premier étage de la Tour Eiffel en juin, c’est unique, ou Les Cris de Paris à la Galerie Sud du Petit Palais dans un concert baroque, alors que dans la salle d’à côté sont exposés les tableaux décrochés des églises parisiennes le temps de l’exposition Le Baroque des Lumières. Le Festival de Paris a pu cette année exister aussi grâce à un partenariat avec le Ministère de la Culture, qui nous permet de finir en majesté à la Sainte Chapelle, un des plus prestigieux monuments nationaux. La Ministre de la Culture, qui est très mélomane, a assisté aux concerts avant d’être dans ces fonctions, dès la première édition, je tiens à la remercier pour son soutien.

Vous avez choisi de nous faire entendre Chopin à la marie du IVe plutôt qu’en son fief, le Musée de la vie romantique. Pourquoi? 
Nous avons choisi de ne pas entendre Chopin au Musée de la Vie Romantique, mais dans la Salle de Fêtes de la Mairie du IVè, avec le pianiste virtuose David Fray. Au Musée de la Vie Romantique, c’est la jeune chanteuse suisse-allemande Regula Mühlemann, que nous avons décidé de faire mieux connaître en France, dans un répertoire de Lieder et Mélodies.

Qui sont les nouveaux talents que vous nous proposez de découvrir cette année? Comment se sont faites les rencontres avec Tim Mead ou Regula Mühlemann ?
Un jeune contre-ténor anglais et, comme je le disais, une jeune soprano suisse-allemande, que Frédérique Gerbelle (Directrice des Grandes Voix-Grands Solistes) m’a fait découvrir l’un et l’autre. Je travaille avec elle depuis le début, notre entente est parfaite, nos goûts se rejoignent, elle rend possible mes rêves d’artistes et m’en fait découvrir de nouveaux, comme ces deux jeunes chanteurs exceptionnels.

La voix a-t-elle pris une nouvelle dimension depuis le Festival Paris Mezzo ?
Non, la voix a toujours été importante, dès 2015. C’est vrai que cette année, peut-être, avec le Festival de Paris, elle prend une nouvelle dimension, mais c’est la musique classique sous toutes ses formes qui reste l’âme de cette manifestation.

Combien de spectateurs attendez-vous pour cette édition ?
Les jauges cette année sont plus petites, mais cependant nous attendons beaucoup de monde.

visuel: affiche du Festival