« Une vie en mouvement » de Misty Copeland : la destinée extraordinaire de la première danseuse étoile noire de l’American Ballet Theatre

27 juin 2016 Par Marine Stisi | 1 commentaire

Misty Copeland, première danseuse étoile afro-américaine du très prestigieux American Ballet Theatre, est de ces femmes dont la vie fait désormais partie de l’histoire. Avec beaucoup de douceur et d’humilité, de clairvoyance et d’intelligence, la jeune femme a fait de sa vie un livre, intitulé Une vie en mouvement (Life in Motion) publié aux Editions Christian Bourgois. Un must-have aussi bien pour les coulisses de cet univers si riche qu’est le ballet classique que pour le conte de fée contemporain qu’est la carrière de Misty Copeland.

Note de la rédaction :

Le hasard des choses

Si vous aviez parlé de ballet classique, du célèbre American Ballet Theatre, de George Balanchine, à la petite Misty Copeland, probablement aurait-elle ri. Membre d’une fratrie de sept enfants, fille d’une mère volage et pas toujours attentionnée, Misty n’était pas ce qu’on appelle prédestinée, loin de là. Et pourtant…

Misty Copeland a décidé de prendre la plume, « pour toutes les petites filles à la peau brune ». Parce que son destin unique et presque trop beau pour être vrai mérite d’être conté, entendu, pris comme un encouragement. Un encouragement que tout est possible. Qu’une enfant peut, un peu par hasard, se retrouver dans un club à tester une danse qu’elle ne connaît pas, vêtue d’un vulgaire survêtement trop grand, et « se faire repérer », comme on dit. Se faire repérer grâce à un talent évident et grâce à la bienveillance d’un entourage encourageant.

Misty Copeland raconte dans son livre le parcours atypique qui fut le sien. Non sans avoir été semé d’embuches, il fut cependant unique en son genre. Après avoir découvert le ballet très tard, elle intègre certain des stages d’été les plus prestigieux du pays, le San Francisco Ballet, puis, son rêve, l’American Ballet Theatre, le ballet fondé par Balanchine, où ont dansé des figures aussi célèbres que Mikhaïl Barychnikov, Rudolf Noureev, Jerome Robbins ou Natalia Makarova. De fil en aiguille, Misty deviendra une des figures du ballet, fera son chemin jusqu’à atteindre le but ultime : être nommé danseuse étoile. La première étoile noire du ballet prestigieux.

Avant que le rideau ne se lève…

Si la carrière de Misty est naturellement le principal attrait de cet ouvrage passionnant, les nombreux détails qu’elle donne de l’univers qui est le sien le sont tout autant. De l’entrainement quotidien d’une jeune danseuse ou d’une professionnelle au stress « d’une vie entière consacrée à faire preuve de [ses] talents », Misty Copeland ne fait impasse sur aucun détail.

Les néophytes découvriront un univers impitoyable où la plus belle solidarité peut aussi laisser place à la plus rude des compétitions. Les passionnés profiteront de cette entrée inédite au cœur d’une des plus prestigieuses compagnies du monde du ballet classique.

Un témoigagne sans concession

En plus d’un attrait esthétique, Misty Copeland livre un document important sur le racisme ordinaire qui peut exister encore aujourd’hui aux Etats-Unis, dans un univers aussi sélectif et fermé que celui du ballet classique. Elle fait de son parcours un modèle pour toutes ces petites filles qui, comme elles, rêvent devant leur télévision.

Avec ce livre, elle souffle que rien n’est impossible. Une vie en mouvement est ainsi non seulement un livre plein d’espoir, mais également un ouvrage éclairé sur les inégalités sociales demeurant aux Etats-Unis, et dans le ballet classique. C’est un livre à lire, car bien plus profond qu’une simple biographie sur une danseuse ordinaire. Ici, c’est l’histoire qui se joue, et surtout, qui se danse.

Misty Copeland, Une vie en mouvement, Editions Christian Bourgois, 344 pages, 18€.

Date de parution : 12 mai 2016

Visuel : (c) DR


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