Saga Mesrine, opus 2 : L’ennemi public N°1

19 novembre 2008 Par loic | 0 commentaires

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Après L’instinct de mort, la saga Jacques Mesrine se poursuit avec L’Ennemi public N°1. Suite et fin de l’histoire, où l’assassin devient de plus en plus grandiloquent (jusqu’à l’absurde). Ce second opus est sensiblement différent du premier, s’apparentant davantage à un thriller qu’à un film noir (comme L’Instinct de mort). Malheureusement, L’Ennemi public se mord la queue, la mise en scène se prend les pieds dans son sujet.

Thomas Langmann, lorsqu’il a eu l’idée d’étaler la vie de Mesrine sur deux longs-métrages, n’a pas perdu son temps : cela donne la possibilité aux scénaristes de ne pas viser l’efficacité à tout prix (comment raconter la vie de Mesrine en moins de deux heures ?!), mais au contraire, de s’appesantir relativement sur certains passages (la tentative de libération des camarades criminels à la fin du premier opus). Ce diptyque Mesrine se justifie d’autant plus que chaque partie adopte un régime qui lui est propre : L’Instinct de mort s’inscrit dans la lignée du film noir alors que L’ennemi public vise plutôt le thriller. Mais voilà, lorsque le genre se casse la figure et que Jacques Mesrine devient cabot, on se dit qu’on aurait préféré voir cette saga inachevée.

Petit rappel : dans notre critique de L’instinct de mort, parue le 22 octobre (cliquez ici), nous remarquions que le projet était ambitieux et fascinant, et que le film arrivait à ne pas glorifier le violent tueur. Le personnage était, certes, séduisant mais la mise en scène n’omettait pas de marquer une certaine distance. Or, pour apprécier L’ennemi public numéro 1, il faudrait peut-être oublier la réussite de L’instinct de mort, car cette seconde partie échoue là où la première séduisait. Dès le début du film, le personnage de Jacques Mesrine est bien trop grandiloquent et prétentieux pour être crédible. Certes, Richet met en scène des moments qui ont bien eu lieu, mais il accentue tellement le charisme et les provocations de Mesrine que c’en devient trop. Lorsqu’il prend en otage le juge pendant un procès ou que son avocat lui permet de s’évader de sa prison, le scénario perd toute sa crédibilité. La question qu’il faut se poser est alors la suivante : pourquoi n’y croit-on pas alors que tout ceci s’est réellement passé ? C’est sans doute parce que la mise en scène, autrefois pleine de recul, se fait « cambrioler » par Mesrine, personnage trop haut en couleurs pour être attachant. Une séquence du film qui devrait être très enthousiasmante, celle où Mesrine ouvre la porte aux policiers qui assiègent son appartement et où il dit, une bouteille de champagne à la main : « Tu trouves pas qu’elle a de la gueule cette arrestation ? » En réalité, elle ne l’est pas du tout ; Mesrine n’y est qu’un cabot prétentieux dont les motivations nous échappent.


Par ailleurs, le scénario est beaucoup moins intéressant que celui de L’instinct de mort. D’une part, parce que les personnages secondaires sont fades et les acteurs qui les incarnent peu convaincants. D’autre part, parce que la manière avec laquelle Mesrine gère son image médiatique n’est pas une intrigue passionnante (beaucoup moins que ne l’était l’éveil de la violence dans son comportement).


L’Ennemi public numéro 1. Réalisé par Jean-François Richet. 2H10.
Avec Vincent Cassel, Ludivine Sagnier, Samuel Le Bihan, Mathieu Amalric, Gérard Lanvin.

L. Barché

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